LIVRE Xe. — CHAPITRE W
action ou ses fonctions spéciales; concevez, en même temps, que ce fluide, nécessairement uni au fluide de la force, se meut selon les lois de la force modifiée par ses propres lois, la mécanique et la physique, d'accord entre elles, le seront également avec la chimie, et il ne restera rien dans les phénomènes, qui, le temps et Texpérience étant donnés, ne soit explicable.
La complexité des causes et des lois qui président à ces phénomènes, se manifeste en chacun d'eux. Il est évident, par exemple, que les phénomènes de réflexion et de réfraction dépendent, en ce qu'ils ont de mécanique, des lois générales du mou vement ou des lois de la force, et qu'ils impliquent aussi d'autres lois, ou les lois propres de la lumière, les lois de la forme, puisqu'ils varient suivant les diversités que présente la nature des milieux, ou la forme intime des corps solides ou fluides.
Certains faits de polarisation semblent conduire à la même conclusion. Les phénomènes nombreux qu'engendre le fait principal auquel on a donné ce nom, forment une des parties la plus curieuse de l'optique. En analysant ces phénomènes, on reconnoît qu'ils sont de deux ordres. L'un de ces ordres n'offre pour le fond que la reproduction de phénomènes déjà connus en eux-mêmes et dans leurs lois, et ces lois, dégagées des circonstances qui peuvent
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en modifier les effets en certains cas, demeurent, pour la lumière polarisée, les mêmes que pour la lumière naturelle.
L'autre ordre de phénomènes se réduit fondamentalement aux faits que voici * :
A^ Tout faisceau lumineux qui rencontre, même perpendiculairement, une face quelconque, naturelle ou artificielle, de certains cristaux diaphanes, tels que le spath calcaire, s'y dédouble. Une moitié de ce faisceau traverse le cristal sans se dévier; on rappelle faisceau ou rayon ordinaire. L'autre, au contraire, éprouve une réfraction très-sensible, et, par cette raison, on la nomme faisceau ou rayon extraordinaire. On applle rayons polarisés, ces rayons provenus du dédoublement.
2^ La réflexion sur un miroir diaphane, quand elle a lieu sous un certain angle qui diffère selon la nature du corps réfléchissant, est un moyen de polarisation.
' Cet exposé des phénomènes caractéristiques tle la polarisation de la lumière est textuellement extrait d'un mémoire inséré par M. Arago dans VJnnuaire du Bureau des longitudes. On sait (juc, dans cette partie si curieuse et si importante de l'optiiiue, la polarisation ordinaire (lui se manifeste par des phénomènes d'intensité, fut premièrement observée par Huyghens, dont la découverte a été ensuite étendue par Mahis; et que celle de la polarisation entièrement différente qui se manifeste par des phénomènes de coloration, ou de la polarisation chromatique, est ûue à M. Arafjo, et ce n'est i)as le moindre service que ce grand physicien ait rendu à la science.