LIVRE Xe. — UIAPITRE VI
ticité ou de vibration qui donne l'impulsion aux ondes lumineuses.
En distinguant ainsi, dans la propagation de la lumière, le mouvement, de la forme du mouvement, l'opposition fondamentale que l'on concevoit entre les systèmes de l'émission et de l'ondulation, disparoît, en même temps que s'évanouissent les objections jugées insolubles ^ contre chacun de ces systèmes. Les phénomènes d'interférence signalés d'abord par Grimaldi, ensuite par Hook, par Young, renversent la théorie de l'émission, telle que Newton Tavoit établie, et que l'admirent long-temps les physiciens, d'après ce grand homme. D un autre côté, la théorie de l'ondulation que Huyghens et Euler y substituèrent, ne paroît pas suffire pour rendre raison de tous les faits '^. Dans les phénomènes que présente la décomposition de la lumière par le prisme, il y a « quelque chose qui n'est pas pure- « ment et simplement mécanique, ^ » en ce sens que les rayons séparés sont de nature différente, et non pas seulement des divisions mécaniquement opérées dans un même rayon homogène; comme
• Berzélius, tome I, p. 53 58.
2 Non pasqnant au pur mouvement delà lumière libre, maisiiuantà l'action, dépendante de son essence, qu'elle exerce dans la production des phénomènes, et particulièrement des phénomènes chimiques et physiologiques.
Ibid.^ p. 55.
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aussi « il se passe , dans la décomposition chi- « mique, des phénomènes que les oscillations de « Féther n'expliquent point ^ ; » ou du moins qu'on n'a pas expliqué jusqu'ici.
Le premier système, celui de l'émission, a cela de Yrai, selon nous, qu'on y considère la lumière comme un principe spécial et substantiel des choses ; il a cela de faux, que le mode de propagation de la lumière à travers l'espace, est mal déterminé , et contrairement aux lois qui résultent de son essence même.
Le second système, celui de Tondulation détermine le vrai mode de propagation de la lumière dans Tespace; mais, en tant qu'il lui ôteroit sa qualité de principe substantiel, qu'il n'y verroit que de simples vibrations de l'éther, dépourvu par supposition de toutes propriétés radicales essentiellement distinctes, ou un pur phénomène de mouvement, la confondant dès-lors, quant à son essence, avec la force ou le principe propre du mouvement, il ne pourroitsatisfaire à l'ensemble des phénomènes de l'Univers, radicalement inexplicables si l'on n'admet un principe spécial de détermination ou de forme. Abandonnant donc l'émission newtonienne qui ne se peut soutenir, concevez la lumière comme une énergie, une propriété essentielle et distincte de Téther, et, en ce sens, comme un fluide qui a son
' Berzélius, tom. I, p. 58.