LIVRE X®. — CHAPITRE Vie
Dans leurs relations avec celui de nos organes destiné à percevoir la lumière, ces manifestations s'appellent couleurs.
Comparons à cet égard les conséquences qui se déduisent de la théorie, aux faits que constate Texpérience.
La lumière telle qu'on la conçoit diffuse dans l'espace comme Féther, dont elle constitue Tune des propriétés essentielles, correspond à la manifestation de la forme indéterminée, c'est-à-dire à l'état qui précède le développement de toute forme particulière ; de sorte que Torgane de la vision, affecté par elle, transmettroit au sensorium commun une sensation simple, unique, indéterminée. C'est ce que, dans le langage de nos sens, nous nommons le blanc pur, dont le type, dans un ordre infiniment plus élevé, est la lumière incréée, sans bornes, la lumière infmie qui éclaire Dieu même, Téternelle splendeur de l'Etre éternel ^
Le terme opposé à la lumière est donc le terme opposé à Têtre, en tant qu'il a aussi sa manifesta-
' Dans l'Être infini, la lumière correspond à la forme infinie qui contient dans son unité toutes les formes possibl s pleinement développées, selon leur essence typiciue, dans cette unité indivisible. Dans la substance finie, la lumière correspond à cette même forme au plus haut degré de limitation, c'est-à-dire, contenant en puissance toutes les formes possibles, mais non réalisées, non développées encore, et consé([uemment indéterminées, quant à nous, dans le principe fini de la forme qui les contient potentiellement.
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tion. Or, le terme opposé à l'être est la limite ou la matière, et la manifestation propre de la limite, essentiellement négative comme elle, est le noir, Tabsence de toutes couleurs, les ténèbres.
Et comme dans TUnivers tout est limité, et que le fluide lumineux n'existe lui-même que sous les conditions de la limite, le blanc pur ou la lumière pure n'existe point dans la Création. Sa pureté est relative et non absolue. Le mélange infini dans ses degrés, de l'être et de la limite, du principe positif et du principe négatif des choses, constitue les nuances, infinies aussi, par lesquelles on descend du blanc pur au noir pur, de la lumière pure aux ténèbres pures, toujours néanmoins en un sens relatif; car, en réalité, il n'existe pas plus dans l'Univers et il ne peut pas plus y exister de ténèbres pures que de lumière pure. Et, pour le remarquer en passant, par les nombres mêmes qui caractérisent et spécifient grammaticalement ces deux noms, la lumière exprime l'unité, et les ténèbres le multiple, comme si, dans toutes les langues, la raison qui a présidé à leur formation avoit voulu marquer l'essence opposée de ces deux éléments des êtres finis.
Des lois générales qui règlent la distribution de la lumière dans Tespace immense, et qui se combinent avec les lois des deux autres principes univer-