LIVRE Xc.— CHAPITRE Vl
sels, la force et la vie, l'électricité et le calorique, résultent les variétés innombrables d'ombre et de clarté, avec leurs grandes phases régulièrement alternatives qu'on appelle le jour et la nuit.
La lumière blanclie qui manifeste la forme générale ou la substance une à son moindre degré de détermination, devant aussi manifester distinctivement, à mesure qu'elles se réalisent, toutes les formes particulières que renferme en puissance la forme générale, contient dès-lors toutes les couleurs avec toutes leurs nuances infmies en nombre. Et d'abord, la lumière physique ou le fhiide lumineux étant, comme on Fa vu inséparablement uni, dans l'éther aux deux autres fluides essentiels, et chacun de ces trois fluides qui concourent simultanément à la production de tous les phénomènes, devant avoir, dans la manifestation générale de la substance par la forme, sa manifestation propre, il doit exister trois couleurs primitives dont la combinaison engendre toutes les autres, et toutes sont mélangées, en proportion diverse, de la teinte négative qui indique la limite et en est l'effet. A la limite se rattachent encore, probablement selon des lois analogues à celle de l'interférence, les raies obscures du spectre observées par Fraunhofer.
Ce que des considérations théoriques et philosophiques viennent de nous conduire à présumer
touchant la constitution de la lumière, est confirmé par Texpérience. 11 existe, en effet, trois couleurs primitives dont la combinaison donne toutes les autres, le jaune, le bleu, le rouge, et de nombreux rapprochements qu'il seroit trop long d'exposer ici, pourroient peut-être faire soupçonner que le bleu correspond à la lumière pure, le jaune et le rouge, à la lumière actuellement modifiée, dans le jaune par son union avec l'électricité, dans le rouge par son union avec le calorique. Si cette pensée, laquelle d'ailleurs ne repose jusqu'ici sur aucunes preuves directes, se trouvoit avoir quelque fondement, suivant que l'une des couleurs primitives domineroit dans les couleurs dérivées, ces couleurs fourniroient des indices propres à guider les recherches sur la composition intime des corps.
Sans eux, nul moyen de décomposer les rayons solaires, et chacun d'eux les décompose d'une manière, à quelques égards différente, selon des circonstances dépendantes de la forme de ses molécules. Il existe donc un rapport certain entre la forme de ces molécules et la réfraction, d'où naissent, en ce qu'elles ont pour nous d'apparent, les couleurs diverses. La réfrangibiUté différente desrayons colorés n'est, en partie du moins , que la manifestation des différences des formes mêmes et par conséquent de leurs lois. Il se pourroit que.