LIVRE Xe. — CHAPITRE VI
la composition moléculaire du corps détermine le mouvement à une direction parallèle à l'axe, sans que rien le détermine à s'opérer plutôt dans un sens de cet axe que dans l'autre, il tendra également à s'opérer dans les deux sens, et, suivant une des conditions premières du mouvement même, il faudra que la force trouve un point de résistance ou d'appui, qui sera le point d'origine du mouvement. Ce point devra être rapporté au centre du corps, puisqu'il est indépendant de ses dimensions. C'est là que la force, se divisant pour prendre les deux directions opposées auxquelles la constitution intime du corps la détermine également, se partagera comme en deux forces, qui, s'adossant base à base, se fourniront l'une à à l'autre le point d'appui ou^ de résistance nécessaire pour la production du mouvement, et formeront deux courants inverses. A ce point le mouvement sera nul, et, à partir de ce point il croîtra, en de certaines limites, selon les lois de la force. Si l'on brise le corps, il est évident que chacun de ses fragments reproduira les mêmes phénomènes.
Nous avons jusqu'ici traité moins de la lumière en soi, que du mouvement de la lumière et des phénomènes auxquels ils donnent heu, phénomènes trèsvariés et à peu près les seuls dont la physique s'occupe directement. Il en est d'autres qui relèvent d^une autre branche de la science. La chimie, en
effet, fondée tout entière, en ce qu'elle a de propre, sur l'observation des phénomènes moléculaires, envisage la lumière sous des rapports nouveaux plus immédiatement liés à sa nature intime, aux fonc-* tions qu'elle remplit en tant qu'un des principes constitutifs des choses. La complexité essentielle, la diversité indéfinie des éléments dont elle se compose indique assez qu'en elle réside la cause de toute variété, et que dès-lors si, dans l'Univers, rien ne se produit que par le mouvement, rien non plus n'est déterminé ou ne reçoit sa forme distinctive, que par Faction spéciale du principe primitif qui contient en puissance toutes les formes possibles, unique expression de la variété, et la variété même. D'où il suit que la réalisation d'une forme quelconque au sein de TUnivers, la naissance d'un être, quel qu'il soit, inorganique ou organique, n'est que l'évolution d'un des germes contenus dans la lumière; que les combinaisons des formes existantes, leurs actions et leurs réactions réciproques, en un mot tous les phénomènes d'affinité chimique, sont des phénomènes dépendants du principe de la forme, des manifestations de ses lois, une partie importante et la plus importante de la théorie du fluide lumineux. Mais, comme évidemment elle se confond avec la théorie des corps, ce qui nous reste à dire de la lumière trouvera mieux sa place lorsque nous traiterons de