‹ Esquisse d'une philosophie (volume 2)Chapitre 69 sur 229 · LIVRE Xe. — CHAPSTRE Vie. 13S · texte numérisé non relu

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core quelque chose après l'explication purement mécanique, suffisante pour le physicien qui ne considère que les mouvements, incomplettepour le philosophe qui recherche les causes générales desquelles dépendent les mouvements mêmes.

Il y a dans les ondes soit lumineuses, soit sonores, un point où la vitesse est nulle : voilà le fait fondamental. Or, ce fait est une conséquence des lois de l'élasticité, qui sont des lois de la force. Pour le bien comprendre, il faut donc remonter à quelqu'une des conditions premières de la force. L'une de ces conditions est qu'il n'existe point dans l'Univers de for€e absolue, en d'autres termes, que toute force est hmitée ou qu'il y a en elle quelque chose de positif et quelque chose de négatif; et comme l'un etFautre de ces deux principes interviennent, selon leur nature, dans la production des phénomènes, les phénomènes doivent nécessairement les manifester tous deux, ainsi que les lois de leur union. Il y a donc en tout phénomène quelque chose de positif et quelque chose de négatif, de la force et de l'inertie, du mouvement et du repos : et dans le cas particulier des ondes ou des vibrations, le nœud oh la vitesse est nulle, manifeste le principe négatif, et le manifeste selon les lois de son union avec le principe positif.

Sous un point de vue plus général encore et qui

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embrasse tous les ordres d'êtres organiques et inorj:;a niques, on concevra qu'avec des modifications sans nombre, on doit retrouver partout cette combinaison des deux principes positif et négatif, se manifestant, dans ses rapports spéciaux avec la force, par une condition intrinsèque et universelle de son action, que, faute d'un autre nom, nous appellerons pouls, pulsus, entendant par là un mouvement de pulsation, soit continu dans des conditions déterminées, soit alternatif ou d'oscillation. Cette condition dépend principalement de deux causes, dépendantes elles-mêmes de la coexistence nécessaire dans la Création des deux principes positif et négatif :

1 " De ce mode d'existence propre aux créatures, qu'on appelle le temps, lequel ne peut être conçu comme un mouvement pur et indivisé, qui impliqueroit l'idée d'unité absolue, contradictoire à la notion du mouvement même, du temps et de l'espace ;

2^ De ce que, dans le système général des réalités existantes, il n'y a point d'effort sans résistance, ou, en cbangeant seulement l'expression, de ce que toute force part, pour se développer, dun point résistant, et dont la résistance, qui n'est que l'inertie même, mesure l'expansion actuelle de la force; de sorte que cette expansion, proportionnée à la résis-

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tance qu'éprouve la force à son point de départ, ou à la résistance de son point d'appui, y trouve sa limite déterminée. D'où il suit que, lorsqu'elle a atteint cette limite, Teffort cesse, et il en faut un nouveau semblable au premier, pour que l'expansion ou le mouvement continue ; et il continueroit ainsi toujours, si la force ne rencontroit pas d'autres forces égales ou plus grandes qui arrêtent son action, ou l'absorbent.

Or, pour revenir au fait particulier d'interférence dont nous avons d'abord parlé, et nous rappelant que tous les phénomènes de la lumière mue impliquent une combinaison du fluide lumineux et du fluide de la force; admettant de plus que la combinaison de ces deux fluides s'opère selon des lois harmoniques relatives à ce qu'il y a de positif et de négatif en chacun d'eux, on est, ce semble, induit à penser, qu'en vertu de cette harmonie, la manifestation du principe négatif delà force dans les ondes, coïncide avec la manifestation du même principe dans la lumière, où avec les ténèbres produites dans les points où les vitesses opposées se détruisant, elles deviennent nulles ou négatives ^

^ L'explication physique ou mécanique, comme on le voit, reste entière; seulement on essaie de la rattacher aux lois universelles qui, fondées sur les conditions nécessaires de l'existence des êtres finis, se manifestent, sous différentes formes, dans tous les phénomènes, qu'ils règlcut, si l'on peut ainsi s'exprimer, fondamentalement.

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Les formules numériques qui représentent, dans les ondes du fluide lumineux, la succession des points brillants et des points noirs, paroissent confirmer cette conjecture. « Dans une lame mince quelconque, (( les épaisseurs correspondantes aux points brillants (( des différents ordres, suivent la série des nom- « bres impairs, 1, 3, 5, 7, etc., tandis que les épaisce seurs correspondantes aux anneaux noirs, suite vent la série des nombres pairs, 0, 2, 4, 6, etc.^ )> Il est remarquable que ces deux séries ont pour point générateur, la première un terme positif, la seconde un terme négatif, et par conséquent qu'elles expriment la loi de développement. Tune du principe positif, l'autre du principe négatif, qui concourent à la production des phénomènes que présentent les ondes lumineuses.

Ce qu'on a dit de la force et de son mode nécessaire d'action dans la production du mouvement, pourroit aussi peut-être servir à faire comprendre, dans l'une de ses causes principales, le phénomène de la polarisation électrique. Un corps ainsi électrisé offre deux pôles séparés par une ligne médiane, qui se réduiroit à un point, si, faisant abstraction de l'épaisseur et de la largeur du corps, on ne considéroit que son axe. En supposant dans ce corps homogène un fluide qui tend à se mouvoir, et dont

» Pouillet, toin. IV, p. 461. Vid. et p. 461.

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