‹ Esquisse d'une philosophie (volume 2)Chapitre 96 sur 229 · ÉLASTICITÉ · texte numérisé non relu

ÉLASTICITÉ

L'effet de la compression, effet en soi purement dynamique, étant de refouler sur elle-même la force inhérente à chaque molécule du corps comprimé, et par conséquent de rapprocher ces molécules, au moment oii la compression cesse, la force redevenue libre tend à reprendre son expansion première ou à rétablir les molécules dans leurs premières relations de distance. Cette tendance est ce qu'on nomme élasticité ; et comme tout corps est compressible à certain degré, tout corps est élastique à certain degré. Sur quoi il faut remarquer deux choses :

186 ne PARTIE. — DE L'HOMME.

La première, que la force, en tant qu'élément d'un corps particulier, dépendant de la forme essentielle de ce corps ou de ses molécules, l'élasticité varie selon la variété des formes, et cesse entièrement si la compression, en décomposant le corps^ a détruit l'action de la forme.

La seconde, que la force comprimée, avant de reprendre son équilibre ou de s'arrêter dans la limite de son expansion première, oscille quelque temps entre des points de moins en moins distants de cette limite. La raison en est que toute force, réagissant plus à mesure qu'elle est plus comprimée, produit une plus grande quantité de mouvement, lequel ne pouvant pas, à cause de la résistance de la forme, dépasser certaines bornes dans la même direction, s'épuise peu à peu dans des directions alternativement opposées.

DILATABILITÉ.

Tout l'Univers est animé, et ainsi tout y est dans une activité perpétuelle. Cette activité générale affecte chaque molécule aussi bien que la masse. Il s'opère donc, aperçus ou non, des changements continuels dans les corps, et, selon le genre de ces changements, les corps varient de volume. On appelle

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