RÉSUMÉ ET CONCLUSION
Avant de poursuivre notre route, jetons un regard sur l'espace que nous venons de parcourir, résumons les principaux points établis dans ce livre et le livre précédent. Ce ne sera pas un travail sans fruit, car il importe de bien saisir la liaison de ce que nous avons dit avec ce qui nous reste à dire.
L'homme est essentiellement actif. Pour le bien connoître il faut donc rechercher les lois de son activité, en étudier le développement sous ses aspects divers, caractérisés par la nature des objets auxquels s'applique cette activité même, et par ses fins spéciales, lesquelles se résument dans la fin générale de l'humanité , qui se résume elle-même dans la fin générale et absolue de la Création.
Or, il existe pour l'homme trois sphères d'activité ou trois ordres d'action, unis sans doute parce que l'homme est un, mais néanmoins distincts puisqu'ils se rapportent à des termes différents : l'Industrie,
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dont le ternie est l'Utile ; l'Art, dont le terme est le Beau, et la Science dont le terme est le Vrai.
Nous entendons par industrie l'ensemble des puissances innées et des moyens acquis par lesquels lliomme conserve et développe l'organisme en luttant sans cesse contre le milieu où il est plongé , de sorte que d'abord, esclave de la Nature, il s'affranchit progressivement de sa domination, parvient à la dominer elle-même, à l'assujettir à ses volontés, à disposer de ses forces fatales pour atteindre le but où il tend ; l'associant ainsi à ses hautes fonctions, et, après s'être en quelque manière incarné en elle, après l'avoir réduite à n'être plus qu'une sorte d'extension de son propre organisme, l'entraînant avec lui dans son mouvement éternel d'ascension vers Dieu.
A ce premier développement de l'homme correspondent les manifestations premières des facullés d'où procédèrent originairement les inventions utiles, les métiers, le langage même. Si la raison aidée de l'expérience les perfectionna dans la suite et continue de les perfectionner indéfiniment, ce n'est pas elle qui les créa, parce qu'elle ne crée rien, elle développe seulement. Ils furent le produit spontané de l'instinct , c'est-à-dire de l'action du principe spécifique qui constitue la nature particulière de chaque être, action que, dans les êtres inor-