‹ Esquisse d'une philosophie (volume 3)Chapitre 243 sur 247 · LIVRE IX0. *- CHAPITRE V · texte numérisé non relu

LIVRE IX0. *- CHAPITRE V

dans Tordre du Beau. Parvenu là, il s'élève encore. Après avoir contemplé le Vrai sous la forme sensible dans laquelle il s'incarne pour se révéler au sein de l'espace et du temps , il perce l'enveloppe qui le voiloit et le contemple, d'une vue immédiate, dans son éternelle essence. La Science naît, et la Science est le travail de l'homme s'eflbrçant de concevoir les phénomènes variables, relatifs, contingents, dans leurs causes immuables, absolues, nécessaires, ou de reproduire intellectuellement l'œuvre de Dieu, manifestation de Dieu même.

Ainsi, par l'Industrie, par l'empire qu'il exerce sur la Nature contrainte d'obéir à ses volontés , l'homme s'assimile, pour user de ce mot, corpo- Tellement la Création, il en fait comme une extension de son propre organisme. 11 s'associe par l'Art à l'action créatrice de Dieu, il exprime dans ses œuvres l'exemplaire divin, opère, selon la mesure de sa puissance, l'union du liai et de l'infini, réalise le Beau; et comme, en s'assujettissant la Nature, il s'incorpore, il s'assimile la création phénoménale ; en réalisant l'archétype incarné en elle , il s'assimile ce divin modèle, qu'il ne sauroit reproduire s'il ne le possédoit en soi, s'il n'étoit devenu soi à un certain degré que détermine son progrès même. Par la Science enfin, continuant de pénétrer en Dieu, il se nourrit du Vrai, il se l'as-

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simile, et participe ainsi toujours plus à la suprême Intelligence. D'où Ton voit que; pour lui, se développer c'est s'unir à Dieu, et que le terme de son développement, s'il étoit possible qu'il eût jamais un terme, seroit l'union parfaite avec Dieu, ou Dieu reproduit selon tout ce qu'il est : de sorte que la tendance et la fin particulière de l'homnle sont identiques avec la tendance et la fin générale de la Création. Le monde qu'il habite, résumé en lui, s'élève avec lui, et concourt, par les forces qu'il lui prête, à l'accomplissement de ses hautes fonctions, coordonnées à celles qu'exercent, en vertu des mêmes lois, d'autres êtres dans les autres mondes ; car rien n'est isolé, tout gravite vers un centre commun et coopère à l'unité perpétuellement croissante. En notre état présent, nous n'en apercevons qu'une ombre. Confinés en un point de lunivers, à peine connoissons - nous quelquesunes des relations qui nous lient à l'ensemble des choses; mais nous savons que ces relations harmoniques existent, nous en concevons la nécessité ; et, dans le développement indéfini qu'implique notre nature, elles se découvriront à nos regards selon les invariables lois de l'ordre universel, à mesure que s'étendra , sous d'autres conditions organiques ou d'autres conditions d'espace et de temps, la sphère de nos fonctions, et par conséquent celle de

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