‹ Esquisse d'une philosophie (volume 3)Chapitre 34 sur 247 · LIVRE VIIe. — CHAPITRE V · texte numérisé non relu

LIVRE VIIe. — CHAPITRE V

çoivent , entre les sens externes et internes de ceuxci et le langage de ceux-là. Et en effet les animaux perçoivent les couleurs et le son , et les couleurs et le son, physiologiquemënt modifiés suivant leur mode spécial de percevoir iet de sentir , produisent en eux la perception des objets extérieurs. Ils entendent le langage universel de la Nature, au degré où la leur exige et permet qu'ils l'entendent.

Cependant ils doivent à leur tour se manisfester dans ce qu'ils ont de propre et de distinctif ; ils doivent manifester leurs perceptions mêmes et leurs impressions quelles qu'elles soient. Le moyen général de cette manifestation est la voix, modification spéciale du son dans ses rapports avec les êtres les plus rapprochés de l'homme , chez lesquels il revêt un caractère individuel et spontané. Ainsi , pour tous ces êtres , il existe un langage commun, que tous ils entendent plus ou moins , et dans ce langage commun il existe des multitudes d'idiomes, de dialectes particuliers à chaque espèce et qui la spécifient.

L voix manifeste, exprime les perceptions, les sensations , les volitions , qu'elles résultent originairement d'une cause soit interne , soit externe. Par elle s'établissent entre les êtres les relations qui les unissent et spécialement celles que détermine l'instinct. Ce par quoi ils se manifestent individuel-

IOME III.

66 IIe PARTIE. — DE L'HOMME.

lement , est , en même temps , le moyen de leurs communications réciproques , et les rapports entre leurs langues considérées dans ce qu'elles ont de divers , représentent les rapports entre leurs natures diverses : d'où il suit que, plus les natures sont rapprochées et conséquemment les rapports étroits et nombreux, mieux une espèce entend la langue d'une autre espèce , et que ces mêmes langues exprimant les rapports de convenance et de disconvenance , les rapports sympathiques et les rapports hostiles , elles sont un des moyens par lesquels chaque être , averti de ses relations avec les autres êtres amis ou ennemis , pourvoit à sa conservation.

Cela posé, il devient facile de concevoir l'origine du langage chez les animaux. Toute perception , toute sensation implique une condition organique, une certaine modification de l'appareil nerveux auquel est liée la faculté de sentir, en ce sens qu'il la détermine en la limitant. Le même appareil détermine aussi et de la même manière l'exercice de la force productrice du mouvement ou de l'action de chaque organe , par conséquent de l'organe vocal. Lors donc qu'une cause interne ou externe réalise dans l'être sentant la condition organique inséparable de la sensation , cette modification de l'appareil nerveux détermine de sa part une action

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