‹ Esquisse d'une philosophie (volume 3)Chapitre 5 sur 247 · VUE GÉNÉRALE DU DEVELOPPEMENT DES PUISSANCES ACTIVES DE L HOMME · texte numérisé non relu

VUE GÉNÉRALE DU DEVELOPPEMENT DES PUISSANCES ACTIVES DE L HOMME

Agir c'est se développer, car c'est étendre son être, c'est manifester, dans Tordre des réalités efFeetives, l'énergie jusque-là virtuelle qui opère l'action ; et se développer c'est agir, car tout développement implique l'exertion des énergies inhérentes à l'être. Sitôt donc que l'homme commence d'être , il commence d'agir. Qu'est-il alors? un point animé ; mais ce point initial où déjà existe d'une certaine manière l'être tout entier, renferme à la fois et la force productrice de ses mouvements internes, et la forme efficace qui constitue sa nature spécifique, et la vie qui le complète dans l'unité. Purement physiologique, son action première s'exerce sur le milieu où il est plongé; il en saisit les particules assimilables, il les élabore, il se les rend propres, se dilatant de plus en plus et absorbant en soi, et s'identiûant les éléments inorganiques destinés à sa nutrition. Les divers appareils, les lorganes divers

12 IIe PARTIE. — DE L'HOMME.

se forment successivement, c'est-à-dire que les conditions physiologiques correspondantes aux puissances essentielles qu'implique sa nature, progressivement réalisées par elles, manifestent le développement progressif de ces mêmes puissances, comme la parole physique, consécutive à la pensée, manifeste la pensée dont elle est l'expression externe et sensible. Et en se développant ainsi l'être naissant se distingue, se sépare graduellement du milieu où s'opère sa croissance et qu'il assujettit à ses lois; il devient plus lui-même, il s'individualise toujours davantage ; car qu'étoit-il d'abord? en apparence, une simple molécule fluide enveloppée d'une membrane diaphane et suspendue dans un autre fluide ; et dans ses relations avec l'être qui se reproduit en lui, une extension, une partie de cet être, quelque chose d'analogue à ce que le bourgeon est à la plante. Quelle distance de cet état à celui où déjà il est parvenu, lorsqu'il sort du sein maternel ! Quel résultat immense de son activité, de sa lutte contre les forces d'un autre ordre, les forces du monde inorganique, qu'il a du vaincre pour se conserver, qu'il devra se soumettre plus pleinement encore pour accomplir son ultérieure évolution !

Car la lutte persiste après sa naissance et s'agrandit indéfiniment. La Nature entière agit sur lui pour l'absorber en soi? et il réagit sur la Nature

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