‹ Esquisse d'une philosophieChapitre 103 sur 245 · VUE GÉNÉRALE DE LUNIVERS · texte numérisé non relu

VUE GÉNÉRALE DE LUNIVERS

Quand les hommes ont voulu se rendre compte de l'existence des choses, la première question qu'ils aient rencontrée , après celles qui ont Dieu pour objet immédiat , est la question de la création. Il leur a fallu essayer de concevoir cet acte de la toute-puissance , pour établir relativement à eux , à leur raison , un rapport entre la Cause suprême et les effets qui la manifestent , pour lier , en quelque sorte , Dieu et l'univers ; et des idées fausses ou incomplètes qu'ils se sont formées à cet égard , sont nés de vastes systèmes d'erreur , dont nous avons précédemment indiqué les principaux. La raison humaine n'avoit pas encore pénétré assez avant dans les profondeurs du souverain Être , elle ne connoissoit assez ni sa nature , ni ses lois in-

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ternes pour comprendre , au degré où elles peuvent l'être , ses opérations. Mais la notion plus développée , plus claire et plus complète de Dieu qu'elle a progressivement acquise , lorsqu'on l'approfondit avec soin , ne laisse subsister , ce nous semble , sur cette question fondamentale de la création , d'autre obscurité que celle qui résulte des bornes naturelles de notre intelligence , et du mystère primitif de la substance , éternellement impénétrable à toute intelligence finie. Continuant donc de nous avancer dans l'espace immense ouvert devant nous , après avoir arrêté notre pensée sur l'opération de Dieu créant hors de lui , nous parlerons de ses œuvres. L'univers , considéré dans son ensemble , indépendamment des diversités que présentent les différents ordres d'êtres , ne sauroit être conçu que sous certaines conditions premières qu'implique toute existence créée. Il faut, pour qu'il soit , pour qu'il puisse être , premièrement , une substance , puisque la substance est le fonds de toute réalité ; secondement , une force qui le maintienne ; troisièmement , des formes variées qui en distinguent les parties , et un ordre qui les coordonne ; quatrièmement , une vie qui l'anime et qui unisse ces mêmes parties ; cinquièmement, une limite qui les termine en les circonscrivant. L'univers est donc nécessairement esprit et matière. Il est la réalisa-

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