LIVRE IIIe. — CHAPITRE IV
site de Dieu , laquelle n'est que son être même considéré isolément sous un de ses modes spéciaux d'existence. Infinie comme la substance et la force, elle est une comme elles de l'unité la plus absolue. Point de division possible dans l'immensité , point de parties , puisqu'il faudroit qu'elles fussent limitées. Tout ce qui se compose de parties ou tout ce qui est divisible , ne l'est donc qu'à raison de la limite. L'étendue , essentiellement divisible , résulte donc de la combinaison de la force , sans laquelle nulle extension, et de la limite, sans laquelle nulles parties. On ne doit pas la confondre avec l'espace indéterminé par sa nature , tandis que l'étendue est toujours déterminée. L'espace est un des modes généraux de l'existence des êtres finis , et , sous ce rapport , une simple abstraction : l'étendue est l'espace réalisé par l'existence actuelle de tel être fini , ou la limite de son développement actuellement accompli. La substance une et qui ne subsiste que par la force interne qui lui est inhérente essentiellement , est , si l'on peut s'exprimer ainsi , l'appui et le point de départ de cette force expansive qui la réalise en se développant ; et comme ce développement s'opère sous l'influence et par la combinaison de trois conditions relatives aux trois propriétés nécessaires de l'être , l'étendue ellemême doit présenter une combinaison ternaire.
164 lre PARTIE. — »E 1>IEU ET tfE L'UNIVERS.
Voyons en effet ce qu'implique la production d'un corps quelconque ou d'une étendue actuelle , et prenons la sphère pour exemple. Inhérente à la substance qu'on peut considérer comme un point indivisible , la force essentiellement active rayonne en tous sens , ou développe en tous sens la substance. Mais un développement indéfini ou actuellement indéterminé étant impossible et contradictoire , tout développement implique une forme qui le détermine. Dans le cas posé, il faudra donc nécessairement qu'une surface sphérique enveloppe et détermine les rayons. Chaque point de ces rayons déterminés coincidera avec un point des surfaces concentriques que renferme la notion de sphère , jusqu'à ce qu'on arrive par la pensée au point central non étendu ; de sorte que de l'idée pure de la force naît celle du rayon ou de ligne droite , et de l'idée pure de la forme, celle de surface, nécessaire pour déterminer le rayon : de l'union de l'une et de l'autre , dans l'hypothèse de la formation de la sphère , naît le solide.
Mais, avec les deux seuls éléments de la force et de la forme, on ne peut concevoir en aucune manière l'union de chaque point de chaque rayon avec un point fixe des surfaces concentriques ; car la force qui ne sauroit être conçue que sous la notion d'une activité pure , ou comme le principe du mouvement