LIVRE 111°. — CHAPITRE IV. 16iî
et le mouvement même essentiel , exclut par sa nature toute fixité; et, par conséquent, chaque point de chaque rayon ne sauroit s'unir à un point ûxe des surfaces concentriques, à moins qu'un principe différent de la force et de la forme n'accomplisse cette union par son efficace propre ; et ce principe d'union , qui achève le corps ou l'étendue réelle déterminée en produisant le solide , est l'amour , dont la fonction essentielle , comme nous l'avons vu , est d'unir la force à la forme. Nul corps donc ne peut exister, si trois énergies diverses ne concourent à sa formation , et l'on ne peut concevoir le corps sans concevoir, dans chacun de ses points , ces trois énergies à la fois distinctes et inséparablement unies. La force, essentiellement autre que la forme, l'engendre par le mouvement qui la réalise extérieurement , et la forme est l'image , la figure , l'expression du développement actuel de la substance par la force , et tout ensemble la substance même , en tant qu'intelligible ou déterminée. La force et la forme, qui ne peuvent exister qu'unies, ont une tendance essentielle et réciproque l'une vers l'autre, s'aspirent l'une l'autre, et de cette mutuelle aspiration procède l'amour qui, distinct d'elles , opère par son efficace leur union effective, les ramène , en chaque point inétendu , à l'unité absolue de la substance. Toute étendue réelle , tout corps étant soumis à
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la même loi de formation, implique, en conséquence, sous des formes qui peuvent d'ailleurs varier à Tinfini, trois dimensions. On peut abstraitement les séparer pour mieux reconnoître , soit leurs propriétés respectives, soit leurs rapports deux à deux; mais elles sont de fait inséparables , parce que leur coexistence est une nécessité qui dérive de la loi première et constitutive de l'Etre.
La force , agissant à la fois en tous sens , n'est jamais , dans l'état aveugle où nous l'envisageons , déterminée à aucune direction particulière, que par la combinaison des efforts et des résistances qui proviennent de sa spécification dans les divers êtres ; et les rapports des forces ainsi spécifiées sont représentés rigoureusement par les rapports entre leurs limites ; d'où il résulte encore , d'après ce qu'on a dit plus haut , que les rapports de forces correspondent terme pour terme à des rapports d'étendue , et réciproquement.
Quoique toujours , nous le répétons , identique en soi , la force apparoît dans l'univers sous trois modes généraux , selon que son action est déterminée soit par des causes extérieures et purement physiques , soit par un principe interne vivant , mais dépourvu d'intelligence et de liberté , soit par une volonté intelligente et libre.
Au premier de ces modes appartiennent ces