TOME I
178 Ire PARTIE. — DE DIEU ET DE L'UNIVERS.
Considéré généralement , tel qu'il nous apparoît dans l'univers , l'amour est donc l'énergie , l'attrait, qui rapproche, unit toutes choses, qui vivifie toutes choses ; il est le principe primitif et simple , le feu primordial , i lequel va se modifiant dans les différents ordres d'êtres , pour produire en eux , selon leur nature , la vie et ses phénomènes innombrables. Car , de même que l'intelligence se manifeste par la lumière , la vie se manifeste à nous par la chaleur , qui n'est que le rapport de la cause universelle à notre manière propre de sentir. Et comme ce qui vivifie est aussi ce qui unit , le principe de la chaleur et le principe d'attraction sont le même principe identique , manifesté seulement sous deux modifications diverses, spécialement relatives l'une à l'être en soi , l'autre à sa limite. La physique un jour, nous le croyons , constatera cette identité, et la physiologie constatera également l'identité du principe vital et du calori-
1 Partout la philosophie chrétienne joint l'idée d'amour, de vie, de feu, à celle de l'Esprit saint. Spiritus est quivwificat... Verbay quœ ego locutus sum vobis, spiritus et vita sunt. Joan. VI, 64. Ipse vos baptizabit in Spiritu sancto et igni. Matt. III, 11. Lorsque l'Esprit saint descendit sur les apôtres, il se manifesta, selon le récit de l'Évangile, sous la forme de langues de feu, symbole de l'union substantielle et mystique du Verbe et de l'Esprit, de l'intelligence et de l'amour, de la parole et de la vie. Il est bon de suivre la pensée humaine dans toutes les routes où elle s'engage à la recherche du vrai, et le christianisme a son origine l'a surtout dirigée vers la contemplation des causes nécessaires et premières.