LIVRE IIIe. — CHAPITRE VIII. ItfS
gies de la nature , on ne doit pas oublier qu'elles se présentent de fait sans cesse combinées ensemble, puisque chaque Etre est un résultat de leur combinaison , et qu'il ne seroit ni ne pourroit être, si chacune d'elle ne concouroit pas, selon son essence, à sa formation, à sa conservation et à son développement.
Les fluides secondaires, qui jouent un si grand rôle dans les phénomènes de la nature , ne sont non plus , sous des conditions matérielles particulières et spécifiques , que des combinaisons diverses de ces trois fluides primitifs ; et cette vue d'accord, ce nous semble , et avec les faits observés , et avec les lois de l'analogie qui éclaire et enchaîne les faits du monde physique, pourroit peut-être ouvrir à la science un vaste champ de recherches curieuses et de découvertes nouvelles. Qu'elle parvînt, par exemple, à constater les rapports d'un fluide secondaire spécial avec les fluides primordiaux , outre que ce seroit un acheminement à la connoissance de ses éléments constitutifs, il seroit possible d'en déduire , au moins généralement , le genre de ses fonctions, ce qui jetteroit, de proche en proche, une vive lumière sur l'origine d'un jgrand nombre de composés et sur leurs lois propres ; car il n'en est point qui n'aient existé premièrement à l'état de gaz , et qui ne puissent être ramenés à cet état.