‹ Esquisse d'une philosophieChapitre 137 sur 245 · LIVRE III*. — CHAPITRE Xlît. £0S · texte numérisé non relu

LIVRE III*. — CHAPITRE Xlît. £0S

i'Étre absolu. Troisièmement, que les lois de la force , de l'intelligence et de l'amour , selon les trois modes spéciaux de leur existence dans la Création , expriment les rapports des êtres créés avec le Père , le Fils et l'Esprit , rapports qui constituent leur nature.

La combinaison de ces lois avec la loi générale de développement , ou la tendance universelle et continue à une plus parfaite manifestation de Dieu, produit ces transformations successives et perpétuelles qu'on observe au sein de l'univers; de sorte que la destruction, élément nécessaire de Tordre et de la vie, est, comme on le verra encore mieux plus tard , étroitement liée au phénomène de la production. Passage d'un état à un autre état , elle n'est que le travail même de l'énergie créatrice , qui incessamment repousse la limite , pour tirer de ce qui est tout ce qui peut être ; et comme tous les êtres finis possibles ne sont en quelque sorte que des éléments de Dieu , puisqu'ils subsistent tous essentiellement en Dieu , les êtres inférieurs ne sont non plus que les éléments d'êtres plus parfaits. De la forme la plus simple on s'élève , par des combinaisons progressives , jusqu'à la forme la plus complexe ; non que les natures diverses , inaltérables en soi , dans le type , le germe , l'idée qui constitue leur essence , se confondent jamais , mais Tome i. 14

$10 Ie PARTIE.— DE DIEU ET DE ^UNIVERS,

parce que passant , pour user de ce mot , sous la domination d'une forme plus puissante , elles en deviennent partie intégrante et s'animent de sa vie, en subissant ses lois. C'est ainsi qu'une particule d'eau , de carbone , de fer , etc , s'anime dans la plante qui l'absorbe , et que la plante elle-même , devenue la nourriture de l'animal , s'anime en lui d'une vie nouvelle. Perpétuellement communiqués, les éléments propres de chaque nature voyagent d'être en être : l'individualité seule ne se communique en aucune manière , car l'individualité étant ce qui fait qu'un être est soi et non pas un autre, il y a contradiction à ce que deux individualités se combinent. Quand donc un être est incorporé , assimilé à un autre être , il perd son individualité ; il cesse , sous ce rapport, d'exister; le germe , dont il étoit le développement , séparé de la force et de la vie qui le complétoient en tant qu'être, redevient une simple et pure idée , et c'est là uniquement ce qu'il y a de réel dans la destruction. Encore , à cet égard , faut-il distinguer les êtres purement organiques des êtres personnels ou doués d'un moi intelligent. L'individualité , dans les derniers , ne sauroit périr par la dissolution de leur organisme présent, parce que l'individualité, fondement nécessaire de la personnalité , dépend en eux, comme on le montrera , des lois supérieures de celle-ci , qui naturellement est impérissable.

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