CHAPITRE PREMIER
DIVISION GÉNÉRALE DES ETRES CRÉÉS EN TROIS ORDRES DÉTERMINÉS PAR DES CARACTÈRES DISTINCTIFS.
Nous avons jusqu'à présent considéré l'univers dans la substance qui est le fonds identique de tous les êtres , et dans les propriétés essentielles à la substance. Nous avons vu qu'étant ce qu'il y a de primitif dans l'Être , elle est une nécessairement, puisque l'Être est un, et que dès-lors la substance créée ou finie n'est qu'une participation de la substance infinie ou incréée , comme ses propriétés essentielles ne sont non plus qu'une participation des propriétés de l'Etre absolu , une réalisation extérieure et partielle de ce qui constitue radicalement les Personnes divines , le Père, le Fils et l'Esprit. Et comme aucun être ne peut exister ni être conçu , s'il n'est déterminé par l'idée qui lui donne sa forme , qui
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est sa forme même , essentielle , immuable *, il s'etl suit que le Fils , l'Intelligence , le Verbe , en qui seul résident originairement les idées , est le moyen par lequel s'opère la création des êtres , et le médiateur par lequel ils sont unis à Dieu , puisque , d'une part, ils n'existent, dans ce qui les constitue distinctement, que par l'idée, le nom qui les détermine , et que d'une autre part , ces noms , ces idées, leurs types inaltérables , faisant partie du Verbe , existent primitivement en Dieu et sont Dieu même. L'ensemble de ces types réalisés au-dehors forme ce qu'on appelle l'univers. Mais la substance étant rigoureusement une ou infinie par son essence , ils n'ont pu être réalisés sans que la limite le fût en même temps. Ce qui s'offre d'abord à la pensée qui médite sur la Création, ce sont donc ces deux principes nécessaires et primordiaux de tout ce qui existe hors de Dieu , la substance et la limite , l'esprit et la matière , l'esprit essentiellement actif et doué de propriétés qui en sont inséparables ; la matière essentiellement passive , dépourvue de qualités , ténébreuse , incompréhensible. Aussi retrouve - 1 - on
» Quoique le sens précis que nous attachons au mot forme , soit très clairement déterminé par ce que nous avons dit précédemment , il ne sera pas inutile peut-être d'avertir de nouveau que la forme est pour nous , non l'apparence extérieure et sensible des objets , des êtres , mais le principe qui les spécifie et constitue la nature intime de chacun d'eux.