TOME I
226 Iro PARTIE. — DE DIEU ET DE L> UNIVERS.
développe, et une vie qui l'anime ; et la vie n'est que le principe dont l'efficace unit la force à l'idée. Tout ce qu'on peut concevoir dans une idée distincte d'une autre idée, à quelque degré qu'elle soit complexe , est donc renfermé dans la forme , est la forme même ; et , si elle n'avoit pas une énergie propre , qui détermine en elle l'action de la force et de l'amour, en les soumettant à ses lois spéciales, nulle forme ne seroit réalisable , ou nul être ne seroit. Aussi la physiologie elle-même est- elle contrainte de se représenter dans le corps organique , pour s'expliquer sa formation , quelque chose d'antérieur au corps même matériellement considéré, un germe invisible et préexistant 1 , qui en est l'essence , qui le contient tout entier, et dont l'efficace est la raison immédiate et première des phénomènes de son développement.
Et comme l'idée pure, nécessaire, immuable, qui subsiste éternellement dans l'entendement divin , y subsiste distincte, mais non limitée substantiellement, qu'elle y est esprit et rien qu'esprit, elle peut devenir , sous les conditions de la limite ou de la matière, le principe inépuisable de germes sans nombre qui la réalisent dans l'espace et le temps ; car, à cause de son unité rigoureuse, le propre de
1 Physiologie végétale de M. de Candolle, tora. I, liv. I, ch. II, p. 11. Paris, 1832.