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QUALITÉS GÉNÉRALES DES ETRES INORGANIQUES

Les qualités des êtres dérivent nécessairement des propriétés essentielles de l'être , ou plutôt ne sont que ces propriétés mêmes à différents états et différemment combinées entre elles. Elles doivent donc se réduire fondamentalement à trois , et chacune d'elles exprime le rapport de chaque propriété avec sa limite.

Ainsi l'impénétrabilité, inséparable de l'étendue, n'est que l'obstacle que la limite oppose actuellement à un plus grand développement de la force. La pesanteur est dans chaque corps la mesure du principe d'union sous sa limite actuelle. Et enfin la figure, ou ce qui rend l'étendue apercevable, est l'expression de la forme actuellement limitée.

C'est à cela que se réduisent toutes les qualités générales des êtres inorganiques. L'innombrable multiplicité des phénomènes qu'ils présentent résulte de la combinaison de ces trois qualités pri-

Livré ive. — chapitre ni* £2S

mordiales, jointe à ce qu'il y a d'essentiellement propre à chaque forme particulière ; car toute vraie variété, ou toute différence intrinsèque qui affecte les éléments intimes de l'être , a son principe dans la forme. Mais , par cela même que ces différences ont leur raison unique dans la nature spéciale de l'être et le caractérisent exclusivement , elles ne peuvent être rangées parmi les qualités générales des êtres du même ordre ; et ces qualités générales étant relatives à ce qu'offrent de général aussi les propriétés qui leur sont communes, elles sont nécessairement dès-lors en même nombre que ces propriétés.

Quant aux qualités secondaires ou aux différences qui naissent de la forme , il est clair que , pour les concevoir en soi , il faudroit concevoir la forme en soi et son énergie essentielle. Or, concevoir la forme en soi , ce seroit concevoir la forme infinie , ou concevoir Dieu. La conception est donc évidemment arrêtée ici par le mystère de l'Etre absolu. Tout ce qu'il nous est possible de comprendre , c'est qu'une forme quelconque est originairement une idée divine , et que toute idée divine qui ne correspond pas à une modalité , ou à un simple rapport , est un être virtuel , c'est-à-dire un être auquel il ne manque pour exister qu'une limite effective qui le circonscrive individuellement, une force interne qui le

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