LIVRE IVe. — CHAPITRE IV
intérieurement animés par le calorique , extérieur rement unis par l'attraction , et totalement du reste indépendants les uns des autres , isolés sous ce rapport , sans fonctions coordonnées et tendantes à une fin commune , sans action ni réaction réciproques autres que celles qui dérivent exclusivement des lois générales du monde physique.
Dans les êtres , au contraire , que nous nommons organiques , il y a unité vitale , et la limite cesse de prédominer , puisqu'il existe en chacun d'eux , quoique à des degrés divers , un principe interne et spontané d'action. Ils se subdivisent en deux classes , celle des êtres doués d'une vie purement végétative , ou dans lesquels du moins nous ne constatons que celle-là , et celle des êtres plus parfaits doués d'une vie sensitive, et même d'un commencement d'intellect. A cause de l'unité de la vie dans ces deux sortes d'êtres , ils ont les uns et les autres une existence individuelle, ils forment un tout à part et complet , caractère tranché qui les distingue des êtres inorganiques.
Mais on doit remarquer qu'en s'élevant à un plus haut degré de perfection , les êtres ne se détachent point entièrement de la création inférieure, à laquelle ils continuent d'appartenir par quelque portion d'eux-mêmes. Ainsi , dans les rapports de leur structure avec l'étendue, les êtres organiques
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se composent d'éléments qui, quoique soumis à des lois particulières en tant qu'ils appartiennent à l'unité vitale , dépendent en même temps des lois du monde inorganique, c'est-à-dire des lois pures de la force et de celles qui ont pour expression la figure et la pesanteur , et ils en dépendent d'autant plus que l'être par sa nature est plus limité.
On voit , par ce qui vient d'être dit , que ce qui distingue fondamentalement les êtres organiques des êtres inorganiques, est une moindre dépendance de la limite , ou un plus grand développement de l'intelligence et de l'amour , c'est-à-dire , du principe de la forme et du principe d'union ou de vie ; ce qui apparoît plus clairement encore , lorsque l'on considère leur mode de formation , de croissance et de destruction. Sous ce rapport les deux classes d'êtres végétants et sentants ont des lois semblables qui constituent ce qu'elles ont de commun , et des lois particulières qui en marquent les différences. Parlons d'abord de ce qu'elles ont de commun.
Quelque sentiment qu'on adopte sur les générations spontanées , il faut toujours admettre une cause primitive qui détermine l'existence de l'être , et une cause spécifique qui détermine l'existence de tel être d'une nature spéciale ; et comme cette dernière cause renferme nécessairement l'être produit, peu importe Je nom qu'on lui donne ? elle est tou-