‹ Esquisse d'une philosophieChapitre 148 sur 245 · LIVRE IVe. — CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE IVe. — CHAPITRE IV

jours germe en ce sens. Or tout être organique provient d'un pareil germe et n'en est que le développement. Dans sa formation , la force est donc rigoureusement assujettie à la loi de la forme, sans quoi il ne pourroit ni commencer, ni continuer d'être , et cette forme n'est pas , comme celle des êtres inorganiques, pleinement manifestée par la configuration ou par des rapports de distance entre les parties intégrantes du corps, mais par quelque chose de plus intime et en même temps de moins limité , c'est-à-dire , où l'esprit apparoît davantage avec son caractère propre. Ainsi , dans la plante , dans l'animal , bien qu'il existe une forme extérieure particulière à chacun d'eux, néanmoins cette forme extérieure , image à plusieurs égards de la forme pure , interne et spirituelle , n'est que l'enveloppe , l'empreinte de ce qui constitue leur vraie nature. Cette nature est une , individuelle comme toute pensée , et de là l'unité vitale , c'est-à-dire , le changement de la simple attraction et du calorique, qui continuent d'agir selon leurs lois propres sur les éléments étendus de la forme extérieure , en un principe plus parfait d'union qui anime l'être soife sentant , soit végétant , et la force encore est soumise aux lois de ce principe vital.

De cette différence originaire entre le mode de formation des êtres organiques et inorganiques, ré-

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suite une différence analogue dans leur mode de croissance ou de développement. Les êtres inorganiques croissent, comme nous l'avons vu , par juxtaposition , et peuvent croître indéfiniment ; les êtres organiques croissent par intus-susception , et ne croissent jamais au-delà de certaines bornes déterminées par leur nature.

Il y a dans leur accroissement une action plus marquée de l'intelligence à l'état où elle existe en eux , action qui se manifeste obscurément dans la plante , très-clairement dans l'animal , par une sorte de choix instinctif et par un travail merveilleux , peu connu dans ses moyens , de transformations successives et d'assimilation , lesquelles s'opèrent sous la double influence simultanée du principe de la forme et du principe de vie ; et la force n'est encore en cela qu'un agent subordonné.

Rien de plus difficile que de déterminer avec précision les limites qui séparent les deux classes d'êtres organiques végétants et sentants ; et , si on les considère dans leurs points les plus rapprochés, il sera impossible d'y découvrir aucuns caractères distinctifs nettement apercevables. Auquel des deux règnes végétal ou animal appartiennent, par exemple, ces êtres ambigus qu'on appelle oscillatoires? on l'ignore jusqu'à présent. Le passage de l'un de ces règnes à l'autre s'opère par des nuances imperceptibles , de

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