DES QUALITÉS DES ÊTRES ORGANIQUES
On a montré précédemment que les qualités générales des êtres , nécessairement relatives à leurs propriétés , étoient par conséquent en chacun d'eux au nombre de trois ; et comme les propriétés subsistent à différents états , il s'ensuit que les qualités doivent varier selon ces états , c'est-à-dire , se développer comme les propriétés mêmes.
Les qualités des êtres diffèrent de leurs propriétés en ce qu'elles résultent des rapports de celles-ci avec leurs limites. Ainsi , dans les êtres inorganiques, l'impénétrabilité, la figure et la pesanteur, résultent des rapports de la force , de la forme et de l'attraction avec leurs limites.
En tant que les êtres organiques appartiennent par leurs éléments à ce premier ordre d'êtres, ils sont doués des mêmes qualités , c'est-à-dire impénétrables, figurés, pesants. Mais, en ce qui forme leur nature propre , des qualités nouvelles se ma- To.ub i. 16
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nifestent en eux, qualités relatives au plus grand développement des propriétés constitutives de l'être.
La force, expansive par sa nature, est par-là même active essentiellement. Mais , dans les êtres inorganiques , son activité , habituellement latente , ne se manifeste que lorsqu'une cause extérieure change ses rapports actuels avec la forme, le calorique et l'attraction. Les êtres organiques , au contraire, ont en eux-mêmes un principe intérieur d'action qui produit , soit des mouvements internes comme dans la plante , soit avec ceux-ci des mouvements externes et de locomotion comme dans les animaux. Cette faculté active, productrice du mouvement, la spontanéité en un mot, est une des qualités propres des êtres organiques, et Ton voit qu'elle implique une force moins limitée.
L'individualité que produit l'unité intime d'organisation est la seconde qualité de ces êtres. Évidemment elle correspond à une forme d'un ordre plus élevé que celle que détermine extérieurement la simple figure , et manifeste dès-lors un plus grand développement de l'intelligence ; et, puisque l'individualité d'un être n'est que cet être même rigoureusement circonscrit, elle exprime le rapport de la forme avec sa limite.
L'union qu'opère le principe de vie est également et plus intime et d'un ordre plus élevé que celle qui