LIVRE IVe. — CHAPITRE V
germe primitif essentiellement impérissable , mais cette existence intime et indivisiblement une qui constitue son individualité. Lorsqu'il meurt , ce germe, cette forme subsiste sans doute, et cependant l'être ne subsiste plus , parce que le principe de vie , l'amour qui l'animoit , cesse d'unir la force à la forme , qui seule détermine l'être , mais qui ne le constitue pas seul. Il en est de tous les être» comme de l'Etre infini : on peut les concevoir abstraitement dans leur type , dans l'idée qui les spécifie, mais leur actuelle existence implique l'union actuelle aussi de trois énergies diverses qui se supposent mutuellement , et rien n'est ni ne peut être que par la triplicité dans l'unité.
Lorsque la vie s'éteint dans les êtres organiques , tout ce qui reste d'eux , en tant qu'êtres individuels, rentre dans la catégorie des êtres inorganiques. Mais auparavant la forme vivante avoit , en se développant , produit des combinaisons nouvelles d'éléments étendus , et ces combinaisons subsistent en partie après la mort de l'être organique. De là une foule de corps spécifiquement distincts, par leur origine et leur nature , de ceux qui appartiennent à l'ordre inférieur de la Création , bien que, du moment où ils ont cessé d'être animés , on doive aussi les classer parmi les corps bruts. Cependant formés , ainsi qu'on vient de le dire, sous l'influence de l'orga-
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nisme , ils conservent avec lui de secrètes analogies, et c'est pourquoi ils servent , soit à entretenir la vie comme aliments, soit à la ranimer ou à la défendre comme remèdes. Sous ce rapport, ils lient le monde inorganique au monde organique , par une de ces correspondances mystérieuses dans leurs moyens, mais évidentes dans leurs effets , qui ramènent de toutes parts à l'unité , sans détruire ce qu'ils ont de divers , l'universalité des êtres.