‹ Esquisse d'une philosophieChapitre 159 sur 245 · DES QUALITÉS DES ÊTRES INTELLIGENTS ET LIBRES · texte numérisé non relu

DES QUALITÉS DES ÊTRES INTELLIGENTS ET LIBRES

Ainsi que les êtres purement organiques, les êtres libres et intelligents ont en eux-mêmes un principe spontané d'action. Toutefois ce principe ne dépend pas seulement des lois de l'appétence, de la sympathie, de la sensibilité, de l'instinct, mais d'un ordre de lois qui dominent celles-là, des lois de la raison et de l'amour. Dans les circonstances où l'animal agit nécessairement, l'homme peut ne point agir et réciproquement, et son cercle d'action est incomparablement plus étendu, ou, en d'autres termes, il dispose d'une force incomparablement plus grande, parce qu'à l'aide de l'intelligence , il s'approprie et dirige, pour accomplir les effets qu'il a en vue, les forces brutes et organiques de la Création. Et comme il peut également produire le mouvement , ou l'arrêter lorsque les lois de la nature brute ou de l'organisme, agissant seules, le produiroient néces-

2S2 Ire PARTIE. — DE DIEU ET DE L'UNIVERS.

sairement, la force libre est la première qualité qui le distingue des êtres inférieurs.

La seconde est la parole, faculté exclusivement relative au mode sous lequel rintelligence existe dans les êtres doués de raison.

La troisième, enfin, est la sociabilité qui résulte du développement de l'amour et caractérise le mode plus parfait sous lequel il se manifeste dans les êtres intelligents.

Les animaux ont un langage , expression de l'instinct et de la sensation ; mais, privés de la parole parce qu'ils sont privés de la pensée, une insurmontable barrière les sépare de l'homme et les relègue à une distance énorme de lui dans les ténébreuses régions où jamais ne luit pour eux le vrai éternel , absolu , infini. Et voilà pourquoi aussi , bien qu'il existe parmi eux un commencement de société, ils ne sauroient cependant parvenir à la société véritable, laquelle implique essentiellement des relations libres fondées sur le devoir, et par conséquent sur l'intelligence.

Il suffit ici de constater en général les qualités des êtres de l'ordre le plus élevé. Elles forment, avec ce qui a été dit*précédemment, la base de la science de l'homme , science à laquelle pour lui se subordonnent toutes les autres, et qui devient dès-lors le sujet principal de la philosophie. Ce que nous ne

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faisons maintenant qu'indiquer sera donc développé plus tard, et ce sera le sujet de la seconde partie de cet ouvrage.

284 l" PAItTIË. — DE DIEU ET DE L'UNIVERS.

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