‹ Esquisse d'une philosophieChapitre 193 sur 245 · LIVRE Ve. — CHAPITRE X\ SÔS · texte numérisé non relu

LIVRE Ve. — CHAPITRE X\ SÔS

ces êtres par cela même y sont nommés , puisque le Verbe est parole ; et le nom , consubstantiel à Tidée , exprime la nature de l'être , comme l'idée même l'exprime ; car l'idée , c'est l'être même déterminé dans sa forme ou dans sa nature essentielle. Ainsi les noms sont incréés , éternels , immuables , en un mot divins , et pour les intelligences limitées comme pour l'intelligence infinie , le nom manifeste l'idée qui représente et constitue la nature de chaque être1.

La parole exprime encore , par ses modifications communes à toutes les langues , les propriétés , les qualités , les relations ou les lois des différents ordres d'êtres , puisqu'il y a en elle quelque chose de correspondant à tous les phénomènes de l'univers : plus complète , plus parfaite , à mesure que l'intelligence croît , et tendant comme elle , par un développement progressif, à reproduire dans son unité infinie le Verbe éternel.

On a vu que , dans les êtres inorganiques , l'intelligence à l'état d'instinct , ne se manifestoit pas

i Chaque nom n'est-il pas représentatif de l'être nommé ? et y a-t-il un autre moyen d'en réveiller l'idée qu'en le nommant ? Mais cette idée peut être incomplète , erronée , et le nom alors participera nécessairement au vice de l'idée dont il est la manifestation ; de plus , dans ses conditions relatives à l'organisme , il renferme , comme nous l'expliquerons ailleurs, quelque chose de conventionnel : tandis qu'en Dieu l'idée n'est que l'être même typique, et le nom la splendeur immédiate de l'idée , ce qui la rend visible , intelligible.

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