LIVRE Ve.— CHAPITRE XI
pas ni ne peut Tétre de tout ce qui se produit sous une forme essentiellement une1.
1 Tout le monde sait que quelques anciens ont attribué aux nombres des significations symboliques, d'où l'on est venu même, dans plusieurs sectes mystiques, à leur supposer certaines vertus, certaines efficaces, ou la puissance intime de produire différents ordres d'effets. Ces absurdes rêveries ne méritent pas qu'on s'en occupe. Mais en dépouillant les idées symboliques sur les nombres du voile de mystère dont on s'est plu à les envelopper, on comprend aisément le genre de rapports que la philosophie antique a reconnus entre eux et les lois des êtres. Ainsi le nombre 1 marquant l'unité de la substance, et le nombre 3 les propriétés qui lui sont inhérentes, ces deux nombres, dont l'union représente l'infini, ont pu être le symbole de Dieu. Les nombres 1 et 2 ont pu également offrir l'expression symbolique de l'esprit et de la matière, du principe positif et du principe négatif, d'autant mieux que ce dernier est la raison même du multiple, dont la manifestation première est 2. Les nombres 1 et 4 représentant la substance et ses propriétés nécessaires plus la limite, a pu être appelé, par opposition aux nombres 1 et 3, nombre fini, et être le symbole des créatures. 7, union de 3 et de 4, du nombre divin et du nombre fini, symbolise par cela même les deux grandes lois d'unité et de multiplicité, et peut être appelé nombre vital, comme 4 est le nombre de la simple existence. Celui-ci en effet n'exprime que les conditions essentielles de l'existence créée, tandis que celui-là exprime en outre la nécessité du lien qui doit constamment, pour qu'elle subsiste, unir la créature à Dieu. On voit au reste que ces symboles, représentatifs en un sens de la nature des choses, ne forment en un autre sens qu'une sorte de langage conventionnel, ou ne sont que de purs signes destinés par l'esprit à réveiller en lui, sous des formules courtes, certaines idées dont la parole est l'expression, directe et propre.