‹ Esquisse d'une philosophieChapitre 244 sur 245 · LIVRE VIe. — CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

LIVRE VIe. — CHAPITRE VIII

lité des faits que l'observation peut atteindre , en prouve, ou la vérité, ou l'insuffisance. S'ils correspondent invariablement aux réalités effectives, il est certain qu'à notre égard ils en représentent fidèlement les causes. Toute conception, avant d'être admise, doit donc subir ce genre de vérification. Tant qu'elle n'est qu'une idée abstraite, elle appartient uniquement à l'ordre des possibilités logiques qui n'existentque dans l'entendement. Point de théorie, en outre, qui n'émane d'une pensée génératrice dont elle n'est qu'une évolution. Vraie tout entière, ou • fausse tout entière en ce qui la caractérise essentiellement, ou elle contient en soi la solution virtuelle des problèmes nombreux qui naissent les uns des autres, s'enchaînent les uns aux autres, ou elle n'en résout réellement aucun.

Or, des principes généraux que nous avons exposés, rayonnent en tous sens des multitudes de conséquences, ainsi que des éléments primitifs du monde sortirent successivement les diverses séries d'êtres qui marquent les phases de son développement. Nous devons suivre ces conséquences dans leurs branches principales, en considérant plus en détail les inépuisables merveilles de la Puissance créatrice. Et comme des êtres connus de nous, l'homme est le plus élevé; que, dans sa forme à la fois une et complexe, il résume les êtres inférieurs, c'est sur lui

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maintenant que nous allons arrêter nos regards. L'étude de l'homme enveloppe d'ailleurs l'étude de tout ce avec quoi l'homme est en rapport , de tous les objets de son savoir ; car, pour connoitre complètement un être et ses lois, il faut non-seulement le connoitre en soi, dans son type abstrait et isolé, mais connoitre encore ses rapports naturels avec les autres êtres , ce qu'il perçoit et la manière dont il le perçoit. La science de l'homme implique donc colle de tout ce qu'embrasse son intelligence. Elle implique aussi celle des lois de son activité, par conséquent de ses lois morales, qui, même à ne considérer que l'existence actuelle, étant pour lui les plus importantes, puisqu'il n'en est point dont la violation entraîne plus de maux et des maux plus grands, devroient toujours être l'objet principal de la philosophie, en vérité trop vaine si elle n'aidoit point l'humanité à marcher vers son but final.

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