‹ Esquisse d'une philosophieChapitre 3 sur 245 · PRÉFACE. V · texte numérisé non relu

PRÉFACE. V

vrai devoit toujours reposer sur une preuve logique, ils ont entrepris de tout prouver. Or il est des vérités qu'on ne prouve point, que Ton ne peut prouver logiquement, vérités cependant très-certaines, et même les plus certaines, puisque c'est par elles que s'établit la certitude de toutes les autres. Cette méthode tend dès-lors à une négation absolue , et en outre , elle renferme une contradiction radicale. Elle tend à une négation absolue , par l'impossibilité de prouver ce qui, d'après elle, ne doit pas être admis sans preuve , c'est-à-dire , les bases nécessaires de toute conception , de toute pensée , de toute connoissance ; elle renferme une contradiction radicale , parce qu'on ne| sauroit rien prouver qu'à l'aide de vérités antérieurement certaines.

On ne doit pas oublier une autre cause d'erreur , dont on retrouve plus ou moins l'influence dans tous les systèmes. En concevant la philosophie sous une notion qui la mutile et conséquemment détruit ses rapports avec l'ensemble des choses , on en a rendu les problêmes insolubles, on en a fait une science

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