LIVRE Ier. — CHAPITRE XV. 8S
nécessaire à ces faits , que nous avons posée dans nos premiers chapitres comme le point de départ de toute philosophie digne de ce nom , de toute philosophie réelle et féconde. Sitôt qu'on s'engage en une autre voie , on tourne en un cercle vicieux , on se perd dans de vides abstractions , on dévie toujours plus du vrai qui, dans son essence , n'est que le fait même de l'Etre. On a commencé par l'hypothèse, on finit, et bientôt, par l'absurde, ou par la négation. Nous ne saurions trop insister sur ce point, à nos yeux d'une importance souveraine. Ajoutons encore que si , en parlant de l'Etre infini, de Dieu, nous ne nous sommes point étendu en de longs développements , ce n'a point été par une vaine affectation de brièveté ; mais , d'une part, pour ne pas briser le rigoureux enchaînement des idées dont se compose la véritable connoissance que nous pouvons avoir de lui ; et parce qu'il falloit, d'une autre part, l'étudier uniquement en soi , avant de le considérer dans ses rapports avec les êtres distincts de lui , avec l'univers.
86 Ire PARTIE. — DE DIEU ET DE L'UNIVERS.