‹ Esquisse d'une philosophieChapitre 76 sur 245 · LIVRE 1er. — CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

LIVRE 1er. — CHAPITRE XVI

straites mentalement séparées de l'Être auquel ils doivent être inséparablement unis , puisque hors de l'Être il n'y a rien , que tout ce qui est en lui y est substantiellement, et qu'il est indivisible— ment un.

De l'idée de l'Être unie à celle de distinction individuelle dérive l'idée de personne : car une personne, c'est ce qui forme une individualité intelligente, déterminée par quelque chose d'essentiel et de permanent.

Or, la Puissance , l'Intelligence , l'Amour , nécessairement conçus sous des notions tout à la fois immuables et diverses , forment dès-lors autant d'individualités intelligentes déterminées par quelque chose d'essentiel et de permanent. Chacune d'elles est en effet individuellement une par la propriété qui la spécifie essentiellement et nécessairement ; et chacune d'elles est intelligente , parce que chacune d'elles est substantiellement l'Être tout entier, l'Être infini , intelligent par sa nature ou par son essence.

La Puissance, l'Intelligence, l'Amour, sont donc trois Personnes distinctes dans l'unité de l'Être ou de la substance divine.

De là il suit que chaque Personne en Dieu peut et doit être considérée sous plusieurs rapports divers.

88 lro PARTIE. — DE DIEU ET DE L'UNIVERS.

Comme l'Etre divin , la substance divine tout entière, et alors tout ce qui se dit de Dieu , doit être dit de chaque Personne.

Dans ce qui constitue son essence en tant que Personne , ou dans sa propriété distinctive , et alors ce qu'on dit de l'une ne peut être dit de l'autre ; car la Puissance diffère essentiellement de l'Intelligence , et l'Intelligence de l'Amour.

Dans ses relations avec les autres Personnes , relations qui dérivent de leur essence en tant que Personnes , et qui établissent entre elles un certain ordre d'où dérivent , non des propriétés nouvelles , mais de nouveaux caractères distinctifs , exprimés par les noms de Père , de Fils et d'Esprit.

Et puisqu'il existe dans l'Etre infini des propriétés distinctes, et des idées distinctes dans le Verbe, il y a nécessairement dans l'Etre infini quelque chose qui opère cette distinction ; et le principe de distinction, rigoureusement un et différent par son essence des propriétés et des idées qu'il termine, appartient à la substance même.

Il en est ainsi du Moi , nécessairement un comme Dieu même; et comme la volonté n'est que le Moi actif , il n'existe en Dieu qu'une volonté puisqu'il n'y existe qu'un Moi, lequel se spécifie dans chaque Personne sans se diviser.

Et puisque Dieu est individuellement un par sa

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