Chapitre V : Rapports entre les membres d’une société
Salut et affirmation; marques de respect; deuil; soins funéraires; note sur les pratiques ascétiques.
Chap. III.
Le* phénomènes sociaux on sociologie comparée.
S 1. — Soiiologic humaine et sociologie animale.
Dans la plupart de ces chapitres, Houzeau compare les observations laites chez les animaux et celles faites chez les hommes.
A trente ans de distance, a paru un second ouvrage de sociologie comparée : Mutual Aid, de P. Kropotkin. Le titre en dit le contenu, qui va se préciser encore par cette analyse de la table des matières :
L'aide mutuelle chez les animaux ; — chez les sauvages; — chez les barbares; — dans la cité médiévale; — à l'époque actuelle.
Le livre s’ouvre par des observations d’aide mutuelle chez les nécrophores ; il se termine par une note sur les Boerenbonden, syndicats agricoles des Flandres belges.
Or, que renferment ces deux ouvrages de sociologie comparée anthropozoologique ? Des rapprochements du plus réel intérêt sur les formes élémentaires des rapports sociaux. Que pourraient-ils contenir davantage, — si, bien entendu, on ne veut point être dupe des métaphores sur la Cité des abeilles, et sur « la pensée unique, quoique diffuse, qu’est une fourmilière » ? (Espinas, Sociétés animales, p. 533.) Rien, — puisque c’est par ses formes élémentaires seulement que l’affinité sociale existe à la fois chez certains animaux et chez l’homme : en tant que « sociabilité », elle n’existe pas chez les premiers; l’étude comparée en est nécessairement stérile.
Il suit encore de là, que si l’on adopte en sociologie la méthode logique qui consiste à aller du simple au composé, les faits sociaux primaires ne seront pas, dans l’ensemble, fournis par la sociologie comparée anthropozoologique, mais plutôt par la sociologie comparée purement humaine : un sentiment social aussi complexe que « la confiance », n’aura pas son homologue simple chez les animaux, mais chez des hommes à sociabilité peu développée; une combinaison sociale aussi puissante qu’un trust, sera comparable à une autre forme d’association humaine, non pas à une fourmilière. Si l’on veut chercher dans la sociologie animale le phénomène correspondant à une coopérative de consommation et que l’on apporte un cas de
Chap. III.
Les phénomènes sociaux en sociologie comparée.
§ 1. — Sociologie humaine et sociologie animale.
symbiose, on tombe donc dans ce que j’ai signalé plus haut (p. 52), dans l’analogie métaphorique, pour ne pas dire dans le ridicule.
Cela n’est pas du tout pour réduire, mais au contraire pour agrandir, en le délimitant effectivement, le domaine de la sociologie comparée anthropozoologique. Car, justement, comment découvrir, dans un phénomène social humain, ce qui est élémentaire et ce qui est surajouté, sinon en recherchant le phénomène correspondant dans l’animalité sociale? Et qui niera que dans l’état où se trouvent aujourd’hui les conceptions et la terminologie sociologiques, de telles mises au point s’imposent?
Que l’on s’en tienne donc à ce qui est. L’affinité sociale n’existe pas chez tous les êtres ; — ceux chez lesquels elle existe, ne la manifestent pas au même degré ; — pour des raisons de fait, elle se présente chez les hommes sous un aspect particulier.
Avec ce programme, la sociologie comparée anthropo-zoologique a une tâche assez vaste et assez urgente pour ne pas rêver d’expansions téméraires.