DEUXIEME PARTIE . L'ANALYSE SOCIOLOGIQUE
Quant à la période d'élevage, chez les animaux, elle a une durée constante pour une espèce donnée. N’y a-t-il pas d’exceptions ?
Chez les hommes, elle a une durée très variable : voir ce qui a été dit, page 7g, de leur adaptation différente aux conditions d’existence. L’éducation d’un intellectuel de nos jours demande 20 à 25 ans; celle d’un jeune Australien est terminée à huit ans ; celle d’un petit mendiant aussi. — Facteurs déterminants de ces différences.
Chez les animaux, pour les raisons fondamentales exposées plus haut (pages 75 et suivantes), les soins de l’élevage sont identiques dans une même espèce. Ils sont le plus souvent d’ordre purement végétatif : distribution de la nourriture chez les oiseaux ; lactation chez les mammifères.
Cependant, on signale des observations d’enseignement, aux jeunes, des diverses pratiques propres à l’espèce; en outre, le jeune peut acquérir certaines de ces pratiques, notamment des habitudes sociales, par simple répétition non enseignée. Voir, par exemple, les passages de Groos, sur les Jeux architectoniques et primitifs, et les chapitres de Sutherland, sur les soins parentaux chez les animaux (Parental care in amphibious, reptiles, birds and mammalians). Gulick cite le cas d’un merle élevé à titre d’expérience loin de tout bruit : lorsqu’il commença à chanter, il criait comme un coq ; on apprit alors que chaque matin un coq avait chanté sous la fenêtre de la chambre où était enfermé le merle. Je connais le cas analogue d’un canari élevé isolé et qui ne savait qu’imiter le bruit de la pompe située dans la cour voisine de sa cage.
Chez les hommes, pour la même raison que ci-dessus, les soins de l’élevage sont très variés. Ils s’étendent de l’alimentation et de la défense sous leurs formes les plus simples, à l’équipement intellectuel et moral le plus raffiné, et au redressement systématique des conformations physiques et psychiques jugées anormales.
Les effets de cette diversité d’éducation sur la faculté native d’imitation et sur la formation des aptitudes sociales doivent être considérables.
Référence à Groos dans Les jeux des animaux, pp. i5i et 1 1 ; 177 et ss.
Id. à Sutherland dans The origin and growth oj moral instinct, t. I, chap. II à V. Id. à Gulick dans Evolution racial and hahitudinal, p. 89.
INSTITUTS SOLVAY (SOCIOLOGIE) 8
Chap. IV.
La frmation sociale.
§16, — Possibi lités sociales peu dant l’élevage.
Chap. IV.
La formation sociale.
§16. — Possibilités sociales pendant l'élevage.
§ 17.— L’entrée de l’enfant dans la vie sociale.
Observations comparées à rassembler chez les primitifs et chez les civilisés, dans les divers milieux familiaux, scolaires, etc.
§ 17. — L’entrée de l’enfant dans la vie sociale.
Comment se manifeste l’entrée de l’enfant dans la vie sociale? Onid
à l’égard d’autres enfants? Du même âge? D’âges différents? De grandes personnes? Connues? Étrangères? Par comparaison, quid à l’égard des animaux ?
Manifestations d’égoïsme.
Opposition de l’enfant à ce que d’autres jouissent de ce qui lui appartient; envie, dépit, jalousie. Collisions avec les impulsions des autres; irascibilité; cruauté : « 'cet âge est sans pitié ».
Désir de dominer et de « faire de l’effet ». Taquinerie; méchanceté. Manie des secrets; malice; mensonges.
Observations de Sully à ne pas perdre de vue : en interprétant ces faits, ne pas exagérer les « capacités de sympathie » de l’enfant; rôle de l’imitation et du milieu.
Manifestations d’altruisme.
Désir de la présence, voire seulement du voisinage d’êtres humains; impression pendant leur absence, à leur retour. « Besoin de joindre son existence à celle d’un autre » (Sully). — Bouderie, réconciliation; manifestations imitatives.
Désir de plaire; plaisir à rendre des services, à participer aux activités d’autrui. Plaisir du jeu en commun.
Choix sociaux : choix d’enfants du même âge; — d’enfants d’âges différents, — d’adultes. — Cas extrême : enfants comme ceux que cite
Extraits de Sully dans Études sur T enfance, pp. 326-334.
Référence à Romanes dans L’évolution mentale de l’homme, pp. i3g et ss.
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NOTES ET MÉMOIRES : Fascicule 4
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