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DEUXIÈME PARTIE : L'ANALYSE SOCIOLOGIQUE

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ROMANES, qui se créent une langue à leur propre usage et n’entrent pas en rapport avec d’autres personnes. — Choix d'animaux : l’impression de similitude qui est à la base de l’affinité sociale, peut être plus grande pour un jeune enfant à l’égard d’un petit chat qu’à l’égard de son père. Compayré dit exactement à ce propos : « L’enfant sympathise naturellement avec les créatures qui lui ressemblent sous tant de rapports, dans lesquelles il trouve des besoins analogues aux siens, le même appétit, la même soif de mouvements, le même désir d’être caressé. Se ressembler, c’est déjà s’aimer. »

Chap. IV.

La formation sociale.

§17. — L’entrée de l’enfant dans la vie sociale.

Relations avec des êtres artificiels : poupées, jouets, — ou, fait plus caractéristique, avec des êtres fictifs : j’ai connu un enfant qui s’était créé une collection d’amis, chacun spécialement dénommé ; dans la rue, il lui arrivait de saluer, lorsqu’il prétendait rencontrer un de ces personnages imaginaires.

Manifestations d’organisation sociale.

Cet élément doit être considéré à part. Le sentiment de l’ordre dans les relations sociales s’acquiert très tôt, s’il n’est pas inné, et il est essentiel pour la formation sociale de l’individu. Effets de l’autorité : obéissance, désobéissance, docilité, discipline; choses défendues; notion de la règle, de la convention, de l’usage. Premières impressions d’inégalités sociales.

Remarquer cette observation de Sully : « Si nous examinons la question de plus près, nous trouverons que l’hostilité n’est pas la forme essentielle de l’attitude de l’enfant à l’égard de la loi. Il est évident, tout d’abord, que la plupart du temps, la critique de l’autorité paternelle par l'enfant, loin d’expliquer le rejet de toute espèce de règles, signifie clairement qu’il les accepte. Quelques-unes de ses premières et de ses plus amères protestations contre toute immixtion dans ses actes se rapportent beaucoup plutôt à ce qui lui paraît irrégulier et contraire à la règle. » (Les italiques ne sont pas de l’auteur.)

Dans cet ordre d’idées : manies de certaines pratiques, de certaines « observances cérémonielles » ; — influence du « précédent ».

Extrait de Compayré dans L’évolution intellectuelle et morale de l’enfant, p. 108. Id. de Sully dans Études sur l’enfance, pp. 383-384.

Chap. IV.

La formation sociale.

§ 18. — Tendances sociales chez l’adolescent.

§ 18. — Tendances sociales chez l’adolescent.

Il ne faut pas un instant perdre de vue que les acquisitions de l’individu pendant la période de l’adolescence se font par deux voies différentes : la voie systématique de l’éducation et la voie libre de l’inter-communication. Dans toutes les observations et les expériences à instituer, cet élément devra être dégagé.

Le caractère intrinsèque des mécanismes de cette éducation n’importent pas pour le moment ; ils seront étudiés plus loin, en tant qu’activités ou que synergies sociales. Il s’agit uniquement ici de la formation sociale de l’individu comme tel.

Impressions des inégalités inter-individuelles. — La conscience de la différence sexuelle, celle des différences physiques, morales et intellectuelles s’éveillent coup sur coup ; celle aussi des différences sociales : professions, réputation, considération.

La conversation des adolescents des deux sexes est très suggestive à suivre à ce sujet.

Idées de supériorité, de suprématie, de hiérarchie, de place à occuper parmi les autres. Rivalités ; luttes. Dans telle classe de gymnastique où les garçons sont rangés par ordre de taille, je sais que certains recourent à toutes sortes de subterfuges « pour paraître plus grands » que les autres et pouvoir ainsi les précéder. — Désir de l’approbation, souci du « qu’en dira-t-on?»; amour-propre. — Orgueil, désir d’exagérer son rôle relativement à d’autres (« self exhibition »). — Modestie; timidité; pudeur. — Indifférence à l’égard des autres. — Influence du milieu spécial : famille, école, relations, sur ces acquisitions psychiques.

Acquisition d’habitudes dans la tenue, le vêtement, l’allure, la conversation, le style, soit pour imiter les autres, soit pour s’en distinguer. Différence de plasticité des garçons et des filles à ce point de vue.

Hostilité aux individus « non conformes » : dans la même classe de gymnastique dont je viens de parler, tous les garçons se coalisent spontanément contre un des élèves dont la taille dépasse celle qui correspond à l’âge de fréquentation du cours : on trouve « qu’il n’est pas à sa place dans ce cours-là ».

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