‹ Esquisse de la morale de Stendhal d'apres sa vie et ses œuvresChapitre 12 sur 40 · ESQUISSE DE LA MORALE DE STENDILVL · texte numérisé non relu

ESQUISSE DE LA MORALE DE STENDILVL

plaisir à joiiulco iiin' j)arli('ulo à son nom au risriuc d'ôlre l'ohiel (le plaisaultM-ics l)l('ssaiil('s, et s'efforce, en 1813, d'obtenii' ciiK] iiiillt' livres de son i>ri'»', [«tur achcler une haronnie (1). Mé[»risanl soi-disanl les honneurs, dédaignant, raillant même la « Légion » {'!), il avait sans cesse le secret désir d'être décoré. C'est là une des manies de vanité dont il lui atteint toute sa vie, et qui prouve un aflaihlissemcnl du sens du relatif.

Son imaginalion n'était guijre mieux réglée. Elle se livrait à des « escapades » (.3) fréquentes et même parfois furieuses. Il se croyait toui(nirs entouré de gens qui lui voulaient du mal. Il avait, pensail-il, un nombre incalculable d'ennemis (4), et n'était, à son avis, aimé de personne. Aussi, en ressenlait-il une timidité (]ui parût peu naturelle lorsqu'il fut sorti de l'adolescence. Eu amour, il se plaisait à orner l'objet aimé des qualité les plus brillantes et les plus rares. Il trouve Mélanie sublime (o), et ce qualificatif, appliqué à une petite cabotine, nous prouve le degré d'imagination auquel Stendhal pouvait atteindre.

Il usait parfois de cette faculté afin de se vanter et se parait, lui-même, de traits avantageux, qu'il ne possédait pas toujours. H lui arriva de s'attribuer des exploits qu'il n'avait jamais accomplis. Sans doute en attendait- il un surcroît de gloire ou la réussite d'une aventure amoureuse. Peut-être parvenait-il à s'illusionner et finissait- il par croire à des illusions déjà anciennes. Nous n'oserions pas l'affirmer, mais cette manie de mensonge nous paraît une no i voile preuve de « son égotisme pathologique ».

(1) Lettres inliuies, p. 319.

(2) Journal, p. G3.

(3) E. Seillumxk. Le mal romanlique.

(4) Journal, p. 339.

(5) Souvenirs lié.golisme, p. 192.

Voilà, croyons-nous, les principaux caraclères du tempérament physi([ue et moral de Beyle, tel qu'il nous apparaît vers 1821.11 nous reste maintenant à rechercher les tendances et les principes qui en ont été les fruits et qui se sont affirmés dans son œuvre, car ses ouvrages révèlent une certaine doctrine morale et une règle de vie.

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