‹ Esquisse de Rome chretienne (volume 2)Chapitre 17 sur 70 · IV. CARACTÈRE FIGURATIF DE l' ANCIENNE LOI · texte numérisé non relu

IV. CARACTÈRE FIGURATIF DE l' ANCIENNE LOI

Les monuments des Catacombes nous fournissent, sur les croyances des premiers siècles, d'autres lumières que nous devons maintenant recueillir. Entre les sujets de tableaux, pris dans l'histoire d'Adam et Eve, et les faits fournis par l'histoire évangélique, nous devons distinguer les peintures et les sculptures qui reproduisent divers traits de l'Ancien Testament. En retraçant des exemples de foi, de courage, de confiance en Dieu dans les épreuves, elles formaient

comme une exhortation morale, très-appropriée à la situation des chrétiens pendant les siècles de persécution. Mais elles avaient encore un autre hut. Pourquoi Jonas est-il si souvent représenté sur les murs des chambres sépulcrales et au-dessus de la table même des autels? On ne voit qu'une seule raison qui ait pu motiver cette répétition si fréquente : c'est que le Sauveur avait dit lui-même que ce prophète avait été la figure du Christ mourant pour ressusciter *. Un texte de le première épître de saint Pierre avait indiqué une comparaison entre l'arche matérielle de Noé et l'arche spirituelle de l'Eglise 2, comparaison développée par plusieurs anciens Pères, notamment par saint Cyprien^ et par saint Augustin *. On savait aussi par un passage de saint PauP, qui a été également commenté par les Pères^ que le rocher, produisant des eaux sous la verge de Moïse, avait figuré le Christ, la pierre spirituelle d'où jailHssent les torrents de la grâce. Le miracle des trois enfants jetés dans la fournaise et bénissant Dieu, était le type de l'iîighse qui passait, en chantant des hymnes, à travers le feu des persécutions e : les hons de Babylone renais-

1 S. Matth., XII, 40.

2 Pétri I Epist.,nu20, 21.

3 Cyprian. Ejustola lxxiv.

«■August. De Catech. riuL, c. xxvii.

5 Pauli I Epist. ad Corinth., x, 4.

6 Temporibus itaque Apostolorum et martjrura illud impiebatur, quod figuratum est quando rex momoratus (Nabuclio donosor) pios et justos cogebat adorare simulacrum et récusantes in flammam mittebat. (S. August., Epistola xlviii, no 9, alias 93.)

saient dans ceux du Colysée. Les tableaux, très nombreux, qui représentaient ces différents sujets, avaient donc, outre leur utilité morale, un caractère dogmatique, en ce sens qu'ils signifiaient que l'ancienne loi avait été figurative de la loi évangélique. Dès l'origine de l'Eglise, les docteurs chrétiens ont insisté sur cette vérité. Les païens reprochaient au Christianisme d'être une religion nouvelle : il était important de prémunir contre cette attaque la foi des néophytes, et de figurer à leur imagination, à leurs sens même, la suite de faits prophétiques par laquelle la religion remonte à l'origine du monde. C'était en même temps un moyen de repousser la doctrine de plusieurs sectes du Gnosticisme, qui considéraient l'ancienne loi comme ayant été l'œuvre, non du vrai Dieu, mais d'un être imparfait ou mauvais. L'unité de la religion dans tous les temps fut écrite sur les murs des Catacombes.

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