‹ Esquisse de Rome chretienne (volume 2)Chapitre 27 sur 70 · I. BAPTÊME, PÉNITENCE, EUCHARISTIE · texte numérisé non relu

I. BAPTÊME, PÉNITENCE, EUCHARISTIE

Nous rencontrons encore ici la discipline du secret, et nous avons à examiner à quel degré elle s'est opposée à l'expression monumentale des vérités religieuses. Interrogeons les épitaphes, les tableaux, les œuvres d'architecture.

En général, les épitaphes ne devaient pas faire mention des rites sacramentels. Les premiers chrétiens auraient pu sans doute inventer quelque signe graphique qui aurait été l'hiéroglyphe de ces mystères. Mais les articles de foi qu'ils renferment ne sont pas du nombre des vérités dont l'expression vient naturellement s'intercaler dans quelques mots tracés sur un sépulcre. Alors, comme aujourd'hui, celles des inscriptions funèbres qui avaient un caractère dogmatique, et qui énonçaient la foi à la Rédemption, la rappelaient seulement en termes généraux. Elles ne spécifiaient pas les mystères particuliers qui étaient comme une prolongation de ce dogme fondamental dans les actes principaux de la liturgie. Parcourez, dans nos cimetières modernes, les épitaphes conçues en peu de mots,

comme celles des premiers siècles, vous verrez qu'elles n'ont trait ni au baptême, ni à la pénitence, ni à l'Eucharistie, quoique les églises voisines de ces cimetières soient toutes pleines do la foi à ces dogmes.

Cependant il pouvait se rencontrer de temps en temps une circonstance particulière qui engag'eât à faire quelque mention du sacrement qui avait ouvert au défunt la porte de l'Église. Mais alors, conformément à la loi du secret, le nom sacramentel, le mot baptême, ne figurait pas. On le remplaçait par des expressions discrètes, telles que le mot d'acception ou réception. Nous en avons un exemple dans cette épitaphe :

Euphrosine

à son époux

très-cher

Kaiupanus qui a vécu avec moi

XII ans deux mois v jours : il a péri à xxxv ans :

depuis le jour de son acception, il a vécu lvii jours 1.

L'allusion au baptême se trouve aussi dans le titre de néophyte :

Constance vierge en paix néophyte'^.

EVFROSINE

COIVGI KA.

RISSTMO

KAMPANOgVIVlXlT MECVAN

•fiENE XII. MESIiS DVO DIES V. PERIT AN. XXXV.

EX DIE ACCEPTIONIS SVE VIXIT DIE I.V;J.

COiNSTANTIA VIUGO IN PaCE NEOFITA.

(Lupi, Ep. Secer., p. 110.)

A Festiva sa très-douce épouse Gennadius, à son très-doux fils néophyte *•

A Félix fils Lien méritant

qui a vécu XXII ans X jours,

qui est sorti du siècle vierge et

néophyte en paix ;

ses parents ont fait (ce monument);

il a été déposé le un jour des nones d'août 2,

Déposition de Cyriacète . le m des ides . laquelle a vécu

XX ans . I jour . est morte néophyte

vierge • eu . paix 3.

Il est aisé de découvrir pourquoi ces épitaphes ont fait allusion au baptême. Tous ces fidèles étaient morts peu de temps après avoir reçu ce sacrement. Aussi l'inscription funèbre, composée par Gennadius, contient sans addition le nom de sa femme, et n'ajoute le titre de néophyte qu'au nom de son fils. On conçoit que les parents d'un défunt aient tenu quelquefois à marquer en des termes compatibles avec la loi du secret le court intervalle

FESTIVAE DVLCISSIME CONJVGI GENNADIVS DVLCISSIMO FILIO NEOFITO.

(Act. S. Vict. Marang., p. 87.)

" FELICI FILIO BEREN

Page 1