PRÉFACE. V
toire de France, le diacre de Grégoire de Tours, visita Rome, il la vit, sauf les inspirations de la foi, à travers d'autres pensées que les nôtres. Le chapelain de Charlemagne y remarqua d'autres choses que celles qui ont frappé l'esprit de Mabillon, lorsqu'il a fait son voyage d'Italie comme un pèlerin de l'érudition chrétienne. Dans le cours des siècles modernes, non-seulement Rome a grandi en hauteur par les monuments qu'elle a élevés, et en profondeur par les fouilles dans lesquelles elle a retrouvé tant de parties d'elle-même ; mais les sciences qui l'étudient, les aspects qu'elles découvrent, ont grandi également. Les matériaux qu'elles ont élaborés dans leurs immenses recherches sur cette ville sont si multipliés et si divers, qu'il est possible et presque nécessaire, pour en saisir l'ensemble, de les lier entre eux en les rapportant à des idées générales qui donnent aux détails les plus matériels une signification élevée, et qui constituent à quelque degré la philosophie des faits. Le réveil des sentiments religieux, la tristesse des âmes sans foi, les goûts plus sérieux qui se développent dans les époques mûries par la souffrance, font aussi que notre siècle est plus porté à chercher dans les monuments du monde invisible les vérités qu'ils contiennent, qu'à se borner à une simple admiration de leurs formes, qui est l'amusement des peuples enfants et des siècles