‹ Esquisse de Rome chretienne (volume 3)Chapitre 4 sur 24 · IV PRÉFACE · texte numérisé non relu

IV PRÉFACE

naissances qui servent plus à ouvrir l'esprit qu'à l'enrichir, il y a une foule d'hommes qui, sans être ni théologiens, ni archéologues, ni artistes, sont prédisposés à comprendre le caractère de cette ville sublime. Cette classe de lecteurs se compose, du reste, d'éléments très-divers, de catholiques d'abord, qui savent qu'il y a des trésors de piété, d'instruction et de poésie dans les monuments sacrés dont Rome est le principal foyer ; de protestants, qui n'en sont plus à voir en elle Babylone, quoiqu'ils n'y voient pas encore Jérusalem ; d'hommes enfin qui, n'étant plus assez chrétiens pour reconnaître tout ce qui est divin, le sont encore assez pour être attirés vers ce qui l'exprime. L'attraction qu'elle exerce, sous ce rapport, a été favorisée par les circonstances. Depuis que cette ville est devenue, parla facilité des voyages, le rendez-vous de l'Europe, on parle beaucoup d'elle dans les livres de tout genre, dans les salons, qui sont des journaux vivants, et dans les journaux, qui sont les salons bruyants de l'opinion. Il s'est formé ainsi pour elle un public plus nombreux, plus attentif, qui la regarde de près ou de loin, et qui semble attendre des ouvrages faits exprès pour lui. La Providence, en effet, ouvre successivement des points de vue variés, qui servent à mettre les vérités et les monuments de la religion en rapport avec les préoccupations particulières d'un peuple ou d'une époque. Lorsqu'au vie siècle l'envoyé du patriarche de l'his-

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