PRÉFACE. VII
ports avec un ensemble de vérités appartenant à une région supérieure aux ouvrages des hommes. J'ai regardé la cité matérielle par un certain endroit, où, pour employer une expression de Bossuet, les lignes se ramassent de manière à produire une apparition de la cité intelligible. Chacun des matériaux de mon livre, du moins des principaux, se trouve mis à la place où il m'a semblé qu'il devait être, pour concourir à former la grande figure que je désirais esquisser : j'ai fait, en un mot, de la mosaïque intellectuelle.
On voit, d'après tout ce que je viens dédire, que cet écrit n'est point un nouveau travail d'archéologie sur Rome chrétienne. Il n'a pas la prétention de rien apprendre à ceux qui ont déjà fait des recherches sérieuses sur le même sujet, il n'aspire à mettre au jour aucune découverte. Je n'écris point pour l'Académie des inscriptions et belles-lettres. Le public auquel je m'adresse m'impose d'autres devoirs. J'ai dû choisir, parmi les innombrables produits de la science, les résultats qui répondent, non aux goûts favoris des antiquaires, mais à la raison et à l'âme du chrétien et de l'homme. Mon livre a dû chercher à saisir les choses dans le vif plutôt que dans le profond, à les considérer bien moins par le côté qui conduit aux arcanes de l'érudition, que par celui qui permet de mettre en relief, sous des formes que d'autres écrivains auraient pu rendre belles