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espère que les lecteurs comprendront, d’après litre même de cet écrit, et avant d’en parcourir emière page , qu'ils doivent retenir ici, en des ites étroites, les espérances que le nom seul de Rome chrétienne pourrait leur faire concevoir. te esquisse paraîtrait beaucoup plus faible encore Ile ne l’est, si l’on s’attendait à y trouver un vrai bleau, Mais, si imparfaite qu’elle soit, elle ne sera ut-être pas entièrement inutile. Je crois que, malré les feuilletons des journaux et les bateaux à peur, Rome chrétienne est loin d’être connue du iblic français autant qu’elle devrait l'être et qu’il rait facile qu’elle le fût, Ce ne sont pourtant pas vres qui nous manquent. Les volumineux ouages sur les parties principales de cette métrodu Christianisme , escortés d’une foule innom-
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brable d’écrits moins étendus sur ses monuments, ses institutions, ses usages, ses souvenirs historiques , suffiraient pour garnir les rayons d’une vaste bibliothèque ; les livres relatifs à la seule église de Saint-Pierre y rempliraient une chambre à part. Mais, outre qu’ils sont presque tous en latin ou en italien , les choses qui intéresseraient tout le monde y sont bien souvent enfouies dans des dissertations qui n’attirent que des savants. Cette bibliothèque romaine se trouve ainsi, par Sa Composition comme par sa masse, hors de la portée et des habitudes littéraires de la plupart des lecteurs français.
Pour y suppléer, ils n’ont eu jusqu'ici sous la main que des livres bien courts, qui paraissent encore plus petits auprès des œuvres colossales composées sur le même sujet. Nous avons à regretter que quelques-uns ne soient guère que d'admirables fragments d’un ouvrage que leurs auteurs auraient dû faire. Plusieurs autres nous offrent d'excellents résumés, dont la rédaction suppose une instruction peu commune, et il est fort heureux que des savants distingués aient bien voulu mettre, sous cette forme modeste , leurs connaissances au service du public. Mais ces écrits, quel que soit leur mérite, ne sont, sous un titre ou sous un autre, que des manuels du voyageur, Rome est un monde dont ils donnent seulement la carte géographique tracée avec exactitude : ils ne se proposent pas plus de nous communiquer un ordre d'idées qui nous la fasse com-
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prendre, qu’un calendrier bien fait n’a pour but de nous apprendre l’astronomie.
= La majeure partie du public littéraire se trouve donc placée entre deux rangs d'ouvrages dont les uns disent trop et les autres trop peu : il n’y a pas, pour elle, de ressource intermédiaire entre une lecture insuffisante et une lecture impossible. Dans la république des lettres, les grands travaux d’érudition sont des espèces de domaines privilégiés , substitués , de génération en génération , à l’usage de ces hommes de retraite et d'étude qui forment en général l'aristocratie des lecteurs. Les résumés sont destinés , par leurs auteurs eux-mêmes, à circuler comme une monnaie courante, jusque dans les dernières classes du public qui lit quelque chose. Les livres sur Rome chrétienne font défaut pour la classe moyenne des lecteurs qui n'est ni docte ni ignorante, mais intelligente et cultivée".
. Elle est aujourd’hui très-nombreuse en France. Grâce à la diffusion plus générale de certaines con-
‘ J'apprends en ce moment, par les journaux, que M. de La Gournérie vient de faire paraître un livre sur Rome chrétienne. Le talent, l'instruction et la piété de cet écrivain ga* rantissent le mérite de cette production, dont plusieurs fragments ont déjà été appréciés par les lecteurs de l’Université Catholique. J’ose toutefois publier mon livre immédiatement après, parce qu’il diffère essentiellement, comme on le verra, du Tableau historique de M. dé La Gournerie, par la manièré d'envisager le sujet,
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naissances qui servent plus à ouvrir l’esprit qu'a lenrichir , il y a une foule d'hommes qui, sans être ni théologiens, ni archéologues, ni artistes, sont prédisposés à comprendre le caractère de cette ville sublime. Cette classe de lecteurs se compose, du reste, d'éléments très-divers, de catholiques d’abord, qui savent qu’il y a des trésors de piété, d’instruction et de poésie dans les monuments sacrés dont Rome est le principal foyer ; de protestants, qui n’en sont plus à voir en elle Babylone, quoiqu'ils n’y voient pas encore Jérusalem ; d'hommes enfin qui, n'étant plus assez chrétiens pour reconnaître tout ce qui est divin, le sont encore assez pour être attirés vers ce qui l’exprime. L’attraction qu'elle exerce, sous ce rapport, a été favorisée par les circonstances. Depuis que cette ville est devenue, par la facilité des voyages, le rendez-vous de l'Europe, on parle beaucoup d’elle dans des livres de tout genre, dans les salons, qui sont des journaux vivants, et dans les journaux, qui sont les salons bruyants de l'opinion. Il s’est formé ainsi pour elle un public plus nombreux, plus attentif, qui la regarde de près ou de loin, et qui semble attendre des ouvrages faits exprès pour Jui. La Providence, en effet, ouvre successivement des points de vue variés, qui servent à mettre les vérités et les monuments de la religion en rapport avec les préoccupations particulières d’un peuple ou d’une époque. Lorsqu’au sixième siècle l'envoyé du patriarche de l’histoire de France, le
PRÉFACE. v diacre de Grégoire de Tours, visita Rome, il la vit, sauf les inspirations de la foi, à travers d’autres pensées que les nôtres. Le chapelain de Charlemagne y remarqua d’autres choses que celles qui ont frappé l'esprit de Mabillon , lorsqu'il a fait son voyage d'Italie comme un pèlerin de l’érudition chrétienne. Dans le cours des siècles modernes , non-seulement Rome a grandi en hauteur par lesmonuments qu’elle a élevés, et en profondeur par les fouilles dans lesquelles elle a retrouvé tant de parties d'elle-même ; mais les sciences qui l’étudient, les aspects qu'elles découvrent, ont grandi également. Les matériaux qu’elles ont élaborés dans leurs immenses recherches sur cette ville sont si multipliés et si divers, qu’il est possible et presque nécéssaire, pour en saisir l’ensemble, de es lier entre eux en les rapportant à des idées générales qui donnent aux détails les plus matériels une signification élevée, et qui constituent à quelque degré la philosophie des faits. Le réveil des sentiments religieux, la tristesse des âmes sans foi, les goûts plus sérieux qui se développent dans les époques müries par la souffrance, font aussi que notre siècle est plus porté à chercher dans les monuments du monde invisible les vérités qu'ils contiennent, qu’à se borner à une simple admiration de leurs formes, qui est l’'amusement des peuples enfants et des siècles heureux. Écrivains catholiques du dix-neuvième siècle, nous devons tenir compte de toutes ces choses, si nous voulons faci-