Y. RÉVÉLATION ÉVANGÉLIQUE
L'Ancien Testament nous conduit à la révélation évangélique. Plusieurs des dogmes qui en font partie sont empreints dansles œuvres d'art et les inscriptions des premiers siècles parvenues jusqu'à nous. Mais il en est aussi plusieurs que les monuments n'auraient pu énoncer sans déroger aux régles suivies à cette époque.
On sait que la doctrine de la Trinité était considérée dès lors comte formant la partie la plus élevée du Christianisme, Si la religion peut être comparée à un temple matériel, ce mystère est le faîte de cet édifice sacré. Le voile du secret, qui s'étendait particulièrement sur lui,ne permettait pas aux épitaphes de le dévoiler. On peut toutefois demander pourquoi les chrétiens ne l’auraient pas représenté du moins par quelques signes symboliques, comme ils l'ont fait pour d'autres dogimes. Mais rappelons-nous que les monuments funèbres n'étaient point destinés à offrir une formule calculée des vérités religieuses. La plus grande partie des sépulcres sont dépourvus d'inscriptions. La plupart des épitaphes ne donnent que des nomset des dates, mais elles n'ont aucun caractère dogmatique. Celles qui présentent ce caractère ont été habituellement rédigées sous l'influence des sentiments que les tombes chéries remuent dans l'âme, Lorsque des parents, des amis, dietaient une inscription funèbre, quels étaient les dogmes qui devaient le plus naturellement s'offrir à leur pensée ? Leur pieuse douleur choisissait Le plus souvent les
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dogmes de l'espérance, la vie future, la résurrection, Ja communication qui existe entre les deux mondes, le nom du Sauveur surtout, qui nous a délivrés par sa mort, et dont la résurrection est le gage de la nôtre, en un mot, les croyances les plus propres à faire apparaitre ja mort du justesous son vrai jour. Telétait le sujetordinaire desinscriptions dogmatiques, soit littérales, soit transformées en emblèmes. C'est cequenous voyons encore dans les monuments de nos cimetières modernes : ils parlent rarement du dogme de la Frinité, qui est plutôtla haute source de tous les mystères qu'il n’est l'expression directe des vérités cons0latrices que la tombe désire et appelle.
Mais une raison particulière s'opposait à l'adoption de signes symboliques pour figurer ce dogme. C'était la difficulté, ou, pour mieux dire, l'impossibilité de trouver pour ce mystère un emblème qui n'offrit pas une sorte de contradiction avec lui. La Frinité implique le nombre dans l'unité pure, dans l'unité sans séparation et sans parties. Un emblème destiné à signifier cet article de foi doit donc exprimer le nombre: mais tout signe matériel ne peut l'exprimer qu'en représentant des choses séparées, ou des choses qui sont les parties d'un tout. Le signe symbolique qui pouvait paraitre le plus admissible était le Triangle. On a retrouvé cette figure sur quelques pierres sépulcrales : mais les auteurs qui ont eu la meilleure volonté d'y voir une allusion au dogme de la Trinité sont obligés de convenir qu'on ne pourrait, sans une interprétation forcée, lui attribuer cette signification. Si quelques fidèles, qui l'ont fait graver sur des tombes, ont eu la pensée de lui donner ce
TRADITION MONUMENTALE. 135 caractère, par une sorte de fantaisie qui leur était propre, nous n'en pouvons rien savoir aujourd'hui. La rareté de cette figure prouve qu'un pareil symbole n'était pas adopté par la communauté chrétienne. Outre la répugnance qu'elle pouvait avoir à voiler le plus saint des mystères sous un signe connu alors comme emblème pythagoricien, elle retrouvait dans le triangle le défaut commun à toutes les expressions symboliques de la Trinité. Il y aurait eu discordance entre le signe et la chose signifiée. Les trois personnes distinctes dans l'unité indivisible de la nature divine eussent été représentées par les parties divisibles d'une figure. Ge défaut a cessé d'avoir des inconvénients dangereux, lorsque ce symbole a été en usage chez des peuples depuis longtemps imbus des vérités chrétiennes. Le mystère qu'il représente était trop nettement établi dans l'intelligence de tous les fideles, pour qu'un emblème défectueux püt en altérer la notion. Mais il n'était pas de même dans les premiers siècles. La plus haute des vérités, entrant dans l'âme novice des païens convertis, y tombait, pour ainsi dire, dans le chaos de leurs vieilles imaginations, et sy serait facilement embrouillée, si l'on n'avait écarté avec soin tout signe dogmatique qui pouvait produire quelque confusion d'idées.
Les peintures et les sculptures se renfermèrent, à cet égard, dans une prudente réserve. L'art chrétien naissant se bornait à retracer les faits qui avaient été une manifestation des choses divines et qui, à raison de leur visibilité même, rentraient dans le domaine des formes et des couleurs. Mais il ne songeait point encore à s'élever d'un vol hardi jusqu'à la hauteur
où ila essayé plus tard de se placer, pour figurer le mystère ineffable, retiré, comme dans une nuit lumineuse, dans les profondeurs de l'être infini. La seconde personne de la Trinité, le Verbe, s'étant uni à notre nature, pouvait être représenté sous la forme humaine. L'Évangile lui-même indiquait aux artistes la colombe comme figure du Saint-Esprit. Mais le Père, caché dans son invisible essence, ne s'est manifesté à l'œil de l'homme sous aucune forme spéciale et distinctive. On pouvait, il est vrai, avoir la pensée de le peindre sous les traits d'un mujcstueux vieillard. Quoique Îles trois divines Personnes soient également éternelles, ce type, qui réveille l'idée d’ancêtre, paraît être le meilleur moyen que l'allésorie puisse prêter à la péinture pour caractériser celui qui est l’origine de la Trinité, suivant un ordre, non de succession, mais de principe. C'est effectivement ce qu’on a fait plus tard, en s'attachant à cette expression, l'Ancien des jours, employée par le prophète Daniel ". Et encore la peinture a longtemps attendu avant de se lancer dans ce genre de symbolisme : il n'a pas eu cours avant le siècle de Charlemagne. Mais dans les trois ou quatre premiers siècles Part chrétien s'abstint habituellement de cet emblème. Cette règle a pu souffrir quelques exceptions, comme en souffrent toutes les règles, motivées par des circonstances particulières de lieu ou d'époque. On pourrait voir une de ces exceptions dans
1 Aspiciebam.. et Antiquus dicrum' sedit.… Usque ad Antiquum dierum pervenit.. Doncc venit Antiqaus dierum. Daniel, vn, 9, 13 ét 22.
quelques-uns des sarcophages sur lesquels Dieu est figuré sous une forme humaine, au moment où il converse avec Adam et Eve après leur désobéissance. Mais il est au moins fort douteux qu'on ait voulu y figurer spécialement Dieu le Père. Plusieurs anciens docteurs de l'Église ont pensé que c’est le Verbe qui a parlé à nos premiers parents. Les sculptures dont ilest question semblent s'adapter plutôt à cette idée, car Dieu y apparaît sous la forme d’un jeune homme, à moins qu'on ne dise que cette forme a été choisie pour marquer que l'éternité de Dieu ne vieillit pas. Le tableau le plus analogue à ceux qui ont été faits plus tard se rencontre sur un antique sarcophage du cimetière de Sainie-Agnès, représentant Caïn et Abel offrant à Dieu leurs sacrifices. Dieu, sous les traits d'un vieillard, est assis sur un siége qui ressemble à un trône ou à une chaire pontificale. Ce siége est revêtu d’une tenturé et supporté par un socle, à côté duquel se trouve un marchepied : l'artiste a voulu signifier par ces accessoires la majesté du personnage principal. Sur un sarcophage des catacombés de Lucine, où le même trait de l’histoire est sculpté, Dieu apparaît aussi en vieillard. Si ces tableaux représentent Dieu le Père, ces exceptions, peu nombreuses et appelées en quelque sorte par les faits mêmes que l'artiste avait choisis pour sujet de son œuvre, ne détruisent pas la règle générale. Les monuments de cette époque prouvent que ce genre dé tableaux n'était pas en usage. La réserve observée à cet égard était commandée par les besoins spirituels des nouveaux convertis, surtout dans la classe populaire. Les païens étaient accoutumés à concevoir
la nature divine sous une forme humaine : limayination malade de ces hommes plongés dans la vie des sens offusquait dans leur esprit les pures idées de la raison. Pour guérir ces habitudes morbides de l'intellisence, on devait éviter avec soin tout ce qui pouvait, à quelque degré , en provoquer de nouveau la fermentation. Les peintures et les sculptures qui représentaient le Fils de Dieu sous les traits de l'humanité ne pouvaient avoir cet inconvénient : ils savaient tous que la nature humaine, à laquelle il s'est uni, ne fait point partie de sa nature divine, Mais figurer à leurs yeux le Père invisible sous une forme humaine quil n'avait point prise, associer à sa notion cette image dans les peintures qui devaient être une leçon pour eux, c'eût été les exposer à suivre l'ancienne pente de leurimagination, à confondre, instinctivement du moins, cette forme avec l'essence divine elle-même, à retenir dans leur foi au Dieu des chrétiens quelque chose de lidée qu'ils s'étaient faite de Jupiter. Or, dès que l'art devait s'abstenir de figurer Dieu le Père, il renonçait au même degré à représenter le dogme de la Trinité. I n'y a donc pas lieu à recueillir lexpression formelle de ce dogme dans les monuments artistiques de cette époque.
On comprend mieux ce qui a dû se passer à cet égard pendant les trois premiers siècles, lorsqu'on voit ce qui a eu lieu quand le Christianisme, affranchi des persécutions paiennes, à été troublé par l'Arianisme, la grande hérésie anti-trinitaire. Un concile sénéral avait proclamé solennellement la foi : les chrétiens avaient un motif particulier de multiplier
TRADITION MONUMENTALE. 157 les manifestations du dogme pour protester contre l'erreur qui l'attaquait, et pourtant les épitaphes continuent, en général, de garder l'ancien silence. La discipline du secret pouvait être observée avec moins derigueur, mais elle subsistait toujours, parce que le Paganisme était encore vivant , et que l'Église recevait chaque jour de nouvelles recrues de convertis. D'ailleurs, les habitudes contractées par une société tout entière se modifient sans secousses : elles ne sont jamais remplacées subitement par des usages contraires. El a fallu du temps aux chrétiens pour s'accoutumer à écrire sur des monuments publics les vérités que les siècles précédents avaient placées sous la sauvesarde du secret. Personne ne piera pourtantque dans les 4° et 5° siècles le dogme de la Trinité ne fût clairement défini, Si les inscriptions, les peintures sabstiennent de l'exprimer à cette époque où cette réserve était commandée moins impéricusement, qu'on juge conbien elle devait être fidèlement observée, lorsque les motifs qui la rendaient opportune ou nécessaire, existaient dans toute leur force. Ge serait donc bien en vain que l'on chercheraic un argument contre la foi à ce mystère dans le silence des monuments primitifs.
Il fournit plutôt unc preuve qu'une objection. Supposez, en effet, que l'Église n'eût reconnu, sous les termes évangéliques de Père, de Fils et de Saint- Esprit, que la puissance, la sagesse, l'amour infinis, que des attributs, en un mot, de la nature divine, il n'y aurait pas eu de raison pour en faire tant de mystère. Le plus simple catéchuwmène, un peu instruit, savait cela; il savait que Dieu est un, qu'il
possède ces attributs, qu'il réunit toutes les perfections. C'était la première vérité quon devait enseigner à quiconque voulait sortir du Paganisme. Les chrétiens ne la cachaient pas : leurs martyrs la proclamaient devant les tribunaux des proconsuls. Supposez aussi que la foi de l'Église à la Trinité se fût bornée à voir dans la seconde personne une émanation divine inférieure à la première, dans l'Esprit- Saint une autre émanation inférieure à la seconde: il n'y aurait pas eu non plus un motif impérieux de tenir secrète une pareille doctrine. Des idées analogues avaient été mises en vogue dans le monde ro- -main par la philosophie orientale et par le gnosticisme. Beaucoup de nouveaux chrétiens avaient entendu discourir sur ce fonds d'idées avant leur conversion. Îls n'auraient pas été imédiocrement désenchantés, si, après sêtre préparés, par les degrés de l'initiation des catéchumènes, à recevoir avec le baptême les plus hautes lumières du Christianisme, ils avaient vu que la doctrine qu'on avait enveloppée d'un secret si imposant consistait seulement en quelques idées qui couraient, sinon les rues, du moins les écoles des philosophes. Mais ce secret était fondé sur de bonnes raisons, si l'Église admettait que trois Personnes égales subsistent dans l'unité de la nature divine. Les nouveaux chrétiens sortaient des rangs du paganisme vulgaire ou des sectes philosophiques. Aux païens, accoutumés à diviser la notion de la divinité , il était diffice de faire entendre que trois Personnes divines distinctes ne constituent pas trois dieux, Aux philosophes qui raisonnaient sur l'uuité de la nature divine, il était difficile de faire
TRADITION MONUMENTALE. 139 entendre que cette unité n'est pas détruite par la Trinité des personnes. La sagesse prescrivait de ne communiquer cette doctrine aux uns et aux autres qu'après les avoir graduellement préparés à la recevoir. Da discipline du secret, empreinte sur les monuments , se conçoit alors, Elle dénote, par conséqueñt, que le dogme dela Trinité renfermaitquelque chose d'incompréhensible et d'abrupt, essentiellemént différent de la simple notion des attributs divins, ainsi que dé la doctrine philosophique de l'émanation.
Mais comme toute règle générale subit des exceptions, l'expression monumentale de ce dogme a pu quelquefois percer les voiles qui ont continué de l'envelopper pendant la période de temps où la dis: cipline du secret a été observée après la fin des persécutions. Une inscription ancienne, extraite d'un cimetière souterrain, et déposée ensuite dans la basilique de Saint-Paul, commence ainsi:
Au nom de Dieu Père tout-püuissant et de notre Seigneur Jésus b 4 Fils
et du saint Paraclet, Eusèbe... a renouvelé tout le cimetière r.
En outre, si nôus ne trouvons pas un certain nombre de monuments primitifs, présentant chacun une formule intéorale dé ce dogme, plusieurs d'entre eux nous en fournissent dés indices partiels qui se complètent les uns par les autres. Nous verrons, dans l'article suivant, dés épitaphes qui parlent de Dieu et du Christ : ce qui indique üne personne diviné qu'on doit nommer avant le Christ; et comme d'autres épi-
ÿ NOMINE DEI PATRIS OMNIPOT S ET DOMINI NOSTRI JESV > 4 FI.
SANCTI PARACLETI EVSEBIVS IN FA... OVAVIT CYMETERIV. TOTV. Inséript. ant, Basili. S, Pauli, p. xv1, n. 220.
140 CHAPITRE VII, taphes rendent témoignage à la divinité du Verbe incarné, ces inscriptions combinées se réfèrent à deux personnes divines. Quant au Saint-Esprit, dont la figure spéciale, fournie par l'Évangile, est la colombe, son emblème apparait sur un fragment de marbre trouvé dans les catacombes des saints Marcellin et Pierre. A offre l'image exécutée au ciseau d’une chaire pontificale : à droite et à gauche sont suspendues des tentures : une colombe est placée au sommet du dos de cette chaire. Get oiseau, comme on le sait, parait très-souvent sur les pierres sépulcrales. Quand il porte à son becet entre ses pattes la branche d'olivier, c'est un symbole emprunté au récit du déluge. Il est ou du moins il peut être seulement un emblème de la simplicité etde la douceur du défunt, lorsqu'il est tracé sans aucune marque distinctive : c'est aussi un emblème personuel, lorsque deux colombes figurent sur des tombes conjusales. Mais dans le fragment dont il est ici question, la colombe a une place caractéristique ; elle est sculptée sur le haut de la chaire de la doctrine. Son cou se courbe, sa tête se penche de manière qu'elle toucherait presque celle du Pontife qui serait assis sur cette chaire. Enfin, pour bien marquer sa signification, sa tête est couronnée d'un diadème, attribut qui ne se rencontre point dans les images ordinaires de cet oiseau symbolique. El est visible qu'il est ici fa représentation de l'Esprit divin et inspirateur, assistant le Pontife dans ses fonctions sacrées.
Le Saint-Esprit est désigné d'une manière très-caroctéristique dans une épitaphe que le R. P. Marchi a trouvée cette année même. Elle appartient à l'église
. souterraine de Saint-Hermès : il n'est pas improbable qu'elle soit du 3° siècle.
Protus dans le Saint Esprit de Dieu repose Firmille sa sœur en mémoire de lui (a fait ce monument) 1.
Cette inscription a une importance particulière, par la lumière qu'elle répand sur une question controversée. On trouve dans plusieurs épitaphes ces mots : Avec l'Esprit-Saint, dans l'Esprit-Saint. Beaucoup d’archéologues y ont vu une désignation de la troisième Personne divine; d'autres ont prétendu qu'ils se rapportaient seulement à l'âme du défunt, qu'ils marquaient un état de sanctification. Dans une pareille controverse, c'est une chose précieuse qu'une épitaphe dans laquelle ces mots ont un sens clair et précis. On pouvait déjà conjecturer avec vraisemblance que le style lapidaire des catacombes avait dû adop-
= HPATOC EN ArIQ TINEYMA TI OEOY ENOAAE KEITAI PIPMIAAA AAFA®DH MNEMH CXAPIN.
Monumenti primit., distribuz, xt, p. 198.
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ter cette formule pour caractériser : l'Esprit de Dieu. Les chrétiens connaissaient cet oracle de saint Paul : « Ignorez-vous que vos membres sont le temple de » lEsprit-Saint ‘. » Si l’Apôtre n'avait appliqué cette qualification qu'aux âmes des justes, cette idée n’aurait pas un rapport aussi direet avec les choses de la tombe. Mais il a dit cela précisé ment en parlant du corps, de cette partie de nous-mêmes destinée au sépulcre. N'est-ce pas le plus beau titre de sa glorification future, le présage consolant de l’'immortelle vie qui sera rendue à ces restes mortels ? Cette idée s adaptait donc très-bien au caractère des inscriptions funèbres. Et, d'ailleurs, lorsqu'on voulait marquer dans une D ue que l'ami du défunt avait quitté ce monde dans l'amitié de Dieu, pouvait-on exprimer cette idée d'une manière plus heureuse qu'en disant que cette âme était unieà l'Esprit, auteur et consom- mateur de toute sanctification ? Ces raisons sont sans doute fort plausibles : elles permettent de présumer que la formule dont il s'agit a été employée en ce sens, quelquefois du moins, Mais cette présomption se change en certitude, grâce à l'épitaphe récemment découverte: ces mots, dans le Saint-Esprit de Dieu, excluent toute équivoque. Ge petit débris de l'église souterraine de Saint-Hermès occupe done une place distinguée parmi les matériaux de l'érudition chré-
tienne. La vieille inscription à surgl par hasard, à l'occasion de quelques travaux entr epris pour consolider cette église qui menaçait ruine. Ces construc-
! An nescitis quoniam membra vestra templum sunt Spiritüs sancti. I ad Corinth., vi, 19.
tions matérielles ont concouru, d’une manière imprévue, à une sorte de construction scientifique par le point d'appui que cette épitaphe fournit à l'archéologie sacrée.
Les observations qui précèdent prouvent que la discipline du secret a laissé échapper sur les monuments funèbres plusieurs indices de Ja foi à la Trinité. On sent que la sublime vérité y est présentée sous un voile, Quand le disque du soleil se couvre d'un nuage, il révèle sa présence par une zone de lumière qu'il imprime sur les bords de l'ombre même qui le cache.