‹ Esquisse de Rome Chrétienne (volume 4)Chapitre 47 sur 79 · CESQVAS BENE IN PACE · texte numérisé non relu

CESQVAS BENE IN PACE

Epit. de Julius, du cimet. de Sainte-Cyriaque. — Buona- - rotti, Osserv. sop. alcun. Frammenti, ele., p. 166.

2 AYPAIATANOZ HADAATON @E OY AOYAOZ HISTOE H KOIMHOH EN EIPH NH MNECOH AYTOY O @EOC IC TOY AIQNAC.

E cœmet. Callist.

5 Suscipriat te Christus qui vocavit te.

. GAVDENTIA SVSCIPEATVR IN PACE.

Fabretti, Inscript. Domest., c, vit, p.570.

Il est probable que ces mots : TE in PAGE, assez souvent répé-

À Luciféra ma très douce épouse, ayant laissé toute douceur (de souvenir) et les pleurs surtout à son mari, elle a mérité cette inscription afin que quiconque des frères l'aura lue, prie Dieu pour qu’elle soit recue près de Dieu avec un espritsaint et innocent”. L'inscription suivante n'est pas déprécative, mais parrative : elle nous parle des prières qui avaient été faites en plaçant le corps dans la tombe :

Stratonice néophite est sortie du siècle; jel’ai déposée dans le lieu des martyres, ayant prié pour sa paix ?. Cette pierre sépulcrale a été trouvée dans les catacombes de Saint-Saturnin, tout près de la tombe de Sévère, dont l’épitaphe appartient à l'année 268 ou En relisant les anciennes ivscriptions chrétiennes, je me suis quelquefois surpris prêt à tomber dans une distraction qui ne me paraîtrait pas singulière:

tés dans les plus anciennes inscriptions, étaient la fin d’une formule liturgique : Deus ou Christus suscipiat te in pace, qu'on n'écrivait pas tout entière, parce que les formules de la liturgie étaient placées sous la discipline du secret. « Verba (hæc), satis » frequentia in christianis antiquissimorum cœmeteriorum in- » scriptionibus, liturgica procul dubiô sunt, et ad arcani disci- » plinam servandam sine Feliquis apposita. Lupi, de Epitaph. Severæ, p. 174.

Le LVCIFERE COIVGI DVLCISSIME OMNEM DVLCITVDINEM CVM LVCTVM MAXIME MARITO RELIQVISSET MERVIT TITVLVM INSCRIBI VT QVISQVIS DE FRATRIBYS LEGERIT ROGET DEV. VIT SANCTO ET INNOCENTI ESPIRITO AD DEVM SVSCIPIATVR. Lupi, Epit. Severæ, p. 167.

; STRATONICE NEOPHITA EXIVIT E SAECVLO ET DEPOSVI EAM IN MARTYRIO PRECATYVS CVM PACE.

In vestib. eccles. S. Mariæ trans Tiberim, — Voir Lupi, de Epilaph. Severæ, p. 34.

j'oubliais que J'avais sous les yeux des monuments sur lesquels tant de siècles ont passé. Nos cœurs touchent, par leurs croyances, les cœurs qui ont dicté ces épitaphes : la distance des temps disparaît dans cette contiguité des âmes, on se sent contemporain par identité. Le présent respire dans la voix de ces tombes: il n'y a du passé que dans leurs vieilles pierres.

Elles sont d'éloquents controversistes pour faire réfléchir ceux des protestants qui croient encore que la doctrine catholique sur le dogme dont il s'agit est opposée à la foi des premiers siècles. Placez une de ces pierres sépulcrales dans nos cimetières modernes, elle n’y fera aucun contraste, elle y sera à son aise et dans une parfaite harmonie avec les épitaphes environnantes. Transportez-la dans un cimetière protestant, quelque docteur du lieu aurait beau imaginer des subtilités pour faire tolérer cette intrusion, le sentiment général de la population crierait au Papisme. Il y a quelques années, on a intenté un procès en Angleterre à une pauvre femme de l’île de Wight, parce qu'elle avait fait tracer sur une tombe qui lui était chère ces paroles du livre des Machabées: « C'est une sainte et salutaire pensée de prier » pour les morts, afin qu'ils soient délivrés de leurs » péchés . » Le juge ecclésiastique, sir Herbert, plus tolérant que les accusateurs, répugnait à faire effacer à coups de ciseau cette pieuse épitaphe : il se tira d'affaire en habile homme. Mais le bon sens public ne s’en obstina pas moins à ne pas comprendre

1 Maccab., xim, 46.

qu'on doive prier pour que les morts soient purgés de toute souillure, s'il n'y a pas de Purpatoire. Sous ce rapport, en particulier, les sépultures protestantes ont rompu les liens de parenté avec les tombeaux qui entourent le berceau du Christianisme. Supposons qu'un Anglais se soit procuré, pendant son séjour à Rome, la pierre sépulcrale, par exemple, de cette Lucifera dont nous avons cité tout à l'heure l'épitaphe: de retour dans son pays, il veut la faire placer sur la tombe de sa femme: lui fera-t-on aussi un procès? On serait conséquent en cela: mais je voudrais bien savoir si quelque chancellerie ecclé: siastique aurait la franchise de décider qu'un cimetière de l’église établie par la loi ne doit pas supporter ce fragment d’un cimetière des vieux martyrs.

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