‹ Esquisse de Rome chrétienne (volume 5)Chapitre 15 sur 52 · V. RÉVÉLATION ÉVANGÉLIQUE · texte numérisé non relu

V. RÉVÉLATION ÉVANGÉLIQUE

L'Ancien Testament nous conduit à la révélation évangélique. Plusieurs des dogmes qui en font partie sont empreints dans les œuvres d'art et les inscriptions des premiers siècles parvenues jusqu'à nous. Mais il en est aussi plusieurs que les monuments n'auraient pu énoncer sans déroger aux règles suivies à cette époque.

On sait que la doctrine de la Trinité était considérée dès lors comme formant la partie la plus élevée du Christianisme. Si la religion peut être comparée à un temple matériel, ce mystère est le faite de cet édifice sacré. Le voile du secret, qui s'étendait particulièrement sur lui, ne permettait pas aux épi. taphes de le dévoiler. On peut toutefois demander pourquoi les chrétiens ne l'auraient pas représenté du moins par (juelques signes symboliques , comme ils l'ont fait pour d'autres dogmes. Mais rappelons-nous que les monuments funèbres n'étaient point destinés à offrir une formule des vérités religieuses. La plus grande partie des sépulcres sont dépourvus d'inscriptions. La plupart des épitaphes ne donnent que des noms et des dates, mais elles n'ont aucun caractère dogmatique. Celles qui présentent ce caractère ont été habituellement rédigées sous l'influence des sentiments que les tombes chéries remuent dans l'àme. Lorsque des parents, des amis, dictaient une in-

scription funèbre, quels éf aient les dogmes qui devaient le plus naturellement s'offrir à leur pensée/' Leur pieuse douleur choisissait le plus souvent les dogmes de Tespérance , la vie future, la résurrection, la communication qui existe entre les deux mondes, le nom du Sauveur surtout, qui nous a délivrés par sa mort , et dont la résurrection est le gage de la nôtre , en un mot , les croyances les plus propres à faire apparaître la mort du juste sous son vrai jour. Tel était le sujet ordiniiiaire des inscriptions dogmatiques, soit littérales, soit transformées en emblèmes. C'est ce que nous voyons encore dans les monuments de nos cimetières modernes : ils i)arlent rarement du dogme de la Trinité, qui est plutôt la haute source de tous les mystères qu'il n'est l'expression directe des vérités consolatrices que la tombe désire et appelle.

Mais une raison particulière s'opposait à l'adoption de signes symboliques pour jQgurer ce dogme. C'était la difficulté, ou , pour mieux dire, rimpossibilité de trouver pour ce mystère un emblème qui n'offrît pas une sorte de contradiction avec lui. La Trinité implique le nombre dans l'unité pure, dans Tunité sans séparation et sans parties. Un emblème destiné à signifier cet article de foi doit donc exprimer le nombre : mais tout signe matériel ne peut l'exprimer qu'en représentant des choses séparées, ou des choses qui sont les parties d'un tout. Le signe symbolique qui pouvait paraître le plus admissible était le Triangle. On a retrouvé cette ligure sur quelques pierres sépulcrales : mais les auteurs qui ont eu la meilleure volonté d'y voir une allusion au dogme de la Trinité sont obligés de convenir qu'on ne pourrait, sans une interprétation forcée , lui attribuer cette signification. Si quelques fidèles, qui l'ont fait graver sur des tombes , ont eu la pensée de lui donner ce caractère, par une sorte de fantaisie qui leur était propre, nous n'en pouvons rien savoir aujourd'hui. La rareté de cette figure prouve qu'un pareil symbole n'était pas adopté par la communauté chrétienne. Outre la répugnance qu'elle pouvait avoir à voiler le plus saint des mystères sous un signe connu alors comme emblème pythagoricien, elle retrouvait dans le triangle le défaut commun à toutes les expressions symboliques de la Trinité. Il v aurait eu discordance entre le signe et la chose si-

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gnifiée. Les trois personnes distinctes dans ruiiité indivisible de la nature divine eussent été représentées par les parties divisibles dune figure. Ce défaut a cessé d'avoir des inconvénients dangereux , lorsque ce symbole a été en usage chez des peuples depuis loiigleinps imbus des vérités chrétiennes. Le mystère qu'il représente était trop nettement établi dans l'intelligence de tous les fidèles, pour qu'un emblème défectueux pût en altérer la notion. Mais il n'en était pas de même dans les premiers siècles. La plus haute des vérités, entrant dans l'àme novice des païens convertis, y tombait, pour ainsi dire, dans le chaos de leurs vieilles imaginations, et s'y serait facilement embrouillée, si Ton n'avait écarté avec soin tout signe dogmatique qui pouvait produire quelque confusion d'idées.

Les peintures et les sculptures se renfermèrent, à cet égard, dans une prudente réserve. L'art chrétien naissant se bornait à retracer les faits qui avaient été une manifestation des choses divines et qui, à raison de leur visibilité même, rentraient dans le domaine des formes et des couleurs. Mais il ne songeait point encore à s'élever d'un vol hardi jusqu'à la hauteur où il a essayé plus tard de se placer, pour figurer le mystère ineffable, retiré, comme dans une nuit lumineuse, dans les profondeurs de Têtre infini. La seconde personne de la Trinité, le Verbe, s'étant uni à notre nature, pouvait être représenté sous la forme humaine. L'Évangile lui-même indiquait aux artistes la colombe comme figure du Saint-Esprit. Mais le Père, caché dans son invisible essence, ne s'est manifesté à l'œil de l'homme sous aucune forme spéciale et distinctive. On pouvait, il est vrai, avoir la pensée de le peindre sous les traits d'un majestueux vieillard. Quoique les trois divines Personnes soient également éternelles, ce type, qui réveille l'idée d'ancêtre, parait être le njcilleur moyen que l'allégorie puisse prêter à la peinture pour caractériser celui qui est l'origine de la Trinité, suivant un ordre, non de succession, mais de principe. C'est effectivement ce qu'on a fait plus tard, en s'atlachant à cette expression, V Ancien des jours ^ employée par le prophète Daniel (1). Et encore la peinture a longtemps

(1) Aspiciebam... et Anliquiis dieiura sedit... Usque ad Anliquum dienmi porvenit... Donec venit Antiquus dieriim. Daniel, vu, 9, 13 et 22.

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.'ttlendii avant de se lancer dans ce genre de symbolisme : il n'a pas eu cours avant le siècle de Charlemagne. Mais dans les trois ou quatre premiers siècles l'art chrétien s'abstient habituellement de cet emblème. Cette règle a pu souffrir quel- (fues exceptions, comme en souffrent toutes les règles, motivées par des circonstances particulières de lieu ou d'époque. On pourrait voir une de ces exceptions dans quehpios-uns des sarcophages sur lesquels Dieu est figuré sons une forme liu- Duiine, au moment où il converse avec Adam et Eve après leur désobéissance. Mais il est au moins fort douteux qu'on ait voulu y iigurer spécialement Dieu le Père. Plusieurs anciens doct('urs de l'Église ont pensé que c'est le Verbe qui a parlé à nos premiers parents. Les sculptures dont il est question semblent s'adapter plutôt à cette idée , car Dieu y apparaît sous la forme d'un jeune homme, à moins qu'on ne dise que cette forme a été choisie pour marquer que réternilé de Dieu ne vieillit pas. Le tableau le plus analogue à ceux qui ont été faits plus tard se rencontre sur un antique sarcophage du cimetière de Sainte-Agnès, représentant Caïn et Abel offrant à Dieu leurs sacrifices. Dieu, sous les traits d'un vieillard, est assis sur un siège qui ressemble à un trône ou à une chaire pontificale. Ce siège est revêtu d'une tenture et supporté par un socle, à côté duquel se trouve un marchepied : l'artiste a voulu signifier par ces accessoires la majesté du personnage principal. Sur un sarcophage des catacombes de Lucine, où le même trait de l'histoire est sculpté , Dieu apparaît aussi en vieillard. Si ces tableaux représentent Dieu le Père, ces exceptions, peu nombreuses et appelées en quelque sorte par les faits mêmes que l'artiste avait choisis pour sujet de son œuvre, ne détruisent pas la règle générale. Les monuments de cette époque prouvent que ce genre de tableaux n'était pas en usage. La réserve observée à cet égard était commandée par les besoins spirituels des nouveaux convertis, surtout dans la classe populaire. Les païens étaient accoutumés à concevoir la nature divine sous une forme humaine : l'imagination malade de ces hommes plongés dans la vie des sens offusquait dans leur esprit les pures idées de la raison. Pour guéiir ces habitudes morbides de l'intelligence, on devait éviter avec

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soin tout ce qui pouvait , à quelque degré , en provoquer de nouveau la fermentation. Les peintures et les sculptures qui représentaient le Fils de Dieu sous les traits de Ihumanité ne pouvaient avoir cet inconvénient : ils savaient tous que la nature humaine, à laquelle il s'est uni, ne fait point partie de sa nature divine. Mais figurer à leurs yeux le Père invisible sous une forme humaine qu'il n'avait point prise, associer à sa notion cette image dans les peintures qui devaient être une leçon pour eux, c'eût été les exposer à suivre l'ancienne pente de leur imagination, à confondre, instinctivement du moins, c^tte forme avec l'essence divine elle-même , à retenir dans leur foi au Dieu des chrétiens quelque chose de l'idée qu'ils s'étaient faite de Jupiter. Or, dès que l'art devait s'abstenir de figurer Dieu le Père, il renonçait au même degré à représenter le dogme de la Trinité. Il n'y a donc pas lieu à recueillir l'expression formelle de ce dogme dans les monuments artistiques de cette époque.

On comprend mieux ce qui a dû se passer à cet égard pendant les trois premiers siècles, lorsqu'on voit ce qui a eu lieu quand le Christianisme, affranchi des persécutions païennes, a été troublé par l'Arianisme, la grande hérésie anti-trinitaire. Un concile général avait proclamé solennellement la foi : les chrétiens avaient un motif particulier de multiplier les manifestations du dogme pour protester contre l'erreur qui l'attaquait, et pourtant les épitaphes continuent, en général, de garder l'ancien silence. La discipline du secret pouvait être observée avec moins de rigueur, mais elle subsistait toujours, parce que le Paganisme était encore vivant , et que l'Église recevait chaque jour de nouvelles recrues de convertis. D'ailleurs , les habitudes contractées par une société fout entière se modifient sans secousses : elles ne sont jamais remplacées subitement par des usages contraires. Il a fallu du temps aux chrétiens pour s'accoutumer à écrire sur des monuments publics les vérités que les siècles précédents avaient placées sous la sauve-garde du secret. Personne ne niera pourtant que dans les iv^ et v^ siècles le dogme de la Trinité ne fût clairement défini. Si les inscriptions, les peintures s'abstiennent de l'exprimer à cette époque où cette réserve était commandée moins

impérieusement, qu'on juge coml)irn elle devait être fidèlement observée, lorsque les motifs qui la rendaient opportune ou nécessaire, existaient dans toute leur force. Ce serait donc bien en vain que l'on chercherait un argument contre la foi à ce mystère dans le silence des monuments primitifs.

Il fournit plutôt une preuve qu'une objection. Supposez, en effet, que TÉglise n'eût reconnu, sous les termes évangéliques de Père, de Fils et de Saint-Esprit, que la puissance, la sagesse, l'amour infinis, que des attributs, en un mot, de la nature divine, il n'y aurait pas eu de raison pour en faire tant de mystère. Le plus simple catéchumène, un peu instruit, savait cela; il savait que Dieu est un , qu'il possède ces attributs, qu'il réunit touj'es les perfections. C'était la première vérité qu'on devait enseigner à quiconque voulait sortir du Paganisme. Les chrétiens ne la cachaient pas : les martyrs la proclamaient devant les tribunaux des proconsuls. Supposez aussi que la foi de l'Église à la Trinité se fût bornée à voir dans la seconde personne une émanation divine inférieure à la première, dans l'Esprit-Saint une autre émanation inférieure à la seconde : il n'y aurait pas eu non plus un motif impérieux de tenir secrète une pareille doctrine. Des idées analogues avaient été mises en vogue dans le monde romain par la philosophie orientale et par le gnosticisme. Beaucoup de nouveaux chrétiens avaient entendu discourir sur ce fonds d'idées avant leur conversion. Ils n'auraient pas été médiocrement désenchantés, si, après s'être préparés, par les degrés de l'initiation des catéchumènes, à recevoir avec le baptême les plus hautes lumières du Christianisme , ils avaient vu que la doctrine qu'on avait enveloppée d'un secret si imposant consistait seulement en quelques idées qui couraient, sinon les rues, du moins les écoles des philosophes. !Mais ce secret était fondé sur de bonnes raisons, si l'Église admettait que trois Personnes égales subsistent dans l'unité de la nature divine. Les nouveaux chrétiens sortaient des rangs du paganisme vulgaire ou des sectes philosophiques. Aux païens, accoutumés à diviser la notion de la divinité, il était difficile de faire entendre que trois Personnes divines distinctes ne constituent pas trois dieux. Aux philosophes qui raisonnaient sur l'unité de la

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nature divine, il était dillicile de faire entendre que cette unité n"esl pas détruite par la Trinité des personnes. La sagesse prescrivait de ne communiquer cette doctrine aux uns et aux autres qu'après les avoir graduellement préparés à la recevoir. La discipline du secret, empreinte sur les monuments, se conçoit alors. Elle dénote, par conséquent, que le dogme de la Trinité renfermait quelque chose d'incompréhensible et d'abrupt, esseritiellementdifférentdela simple notion des attributs divins, ainsi que de la doctrine philosophique de l'émanation. 3Iais comme toute règle générale subit des exceptions , l'expression monumentale de ce dogme *a pu quelquefois percer les voiles qui ont continué de l'envelopper pendant la période de temps où la discipline du secret a été observée après la fin des persécutions. Une inscription ancienne, extraite d'un cimetière souterrain, et déposée ensuite dans la basilique de Saint-Paul, commence ainsi :

Au nom de Dieu Père lout- puissant et de noire Seigneur Jésus tT^ Fils et <iu saint Paraclet, Eusèbe... a renouvelé tout le cimetière (1).

En outre, si nous ne trouvons pas un certain nombre de monuments primitifs , présentant chacun une formule intégrale de ce dogme, plusieurs d'entre eux nous en fournissent des indices partiels qui se complètent les uns par les autres. Nous verrons, dans l'article suivant, des épitaphes qui parlent de Dieu et du Christ : ce qui indique une personne di\inH (ju'on doit nommer avant le Christ; et comme d'autres épitaphes rendent témoignage à la divinité du Verbe incarné, ces inscriptions combinées se réfèrent à deux personnes divines. Quant au Saint-Esprit, dont la ligure spéciale, fournie par l'Évangile, est la colombe^ son emblème apparaît sur un fragment de marbre trouvé dans les catacombes des saints Marcellui et Pierre. Il offre l'image exécutée au ciseau dune chaire pontificale : à droite et à gauche sont suspendues des tentures : une colombe est placée au sommet du dos de cette chaire.

(1) JiO.niNE DEI PATllIS OMNIPOTEMIS ET DO.MINI NOSTRI JESV yt H. SANCTI PARACLETl EVSEBIVS IN FA... OVAVIT CYMETERIV. TOTV.

Inscripl. anC. Basili. S.Pauli, p. xvi, n. "l'IO.

TP.ADITION MONCMÎ-MAI.r:. dOO

(]el oiseau , ooniinc on le sait, paraît très-souvent sur les pierl'es sépulcrales. Quand il porte à son bec et entre ses pattes la branche dolivier, c'est un symbole emprunté au récit du déluge. Il est , ou du moins il peut être seulement un emblème de la simplicité et de ladouceur du défunt, lorsqu'il est tracé sans aucune marque distinclive : c'est aussi un emblème personnel, lorsque deux colombes figurent sur des tombes conjugales. Mais dans le fragment dont il est ici question , la colombe a une place caractéristique; elle est sculptée sur le haut de la tliaire de la doctrine. Son cou se courbe , sa tète se penche de manière qu'elle toucherait presque celle du Pontife qui serait assis sur cette chaire. Enfin, pour bien marquer sa signification, sa tête est couronnée d'un diadème, attribut qui ne se rencontre point dans les images ordinaires de cet oiseau symbolique. Il est visible qu'il est ici la représentation de l'Esprit divin et inspirateur, assistant le Ponlife dans ses fonctions sacrées.

Le Saint-Esprit est désigné d'une matière très-caractéristi- (}ue dans une épitaphe que le R. P. Marchi a trouvée cette année nu'me. Elle appartient à l'église souterraine de Saintfferinh : il n'est pas improbable qu'elle soit du ni" siècle.

Prolus

dans le Saint

Esprit

de Dieu

repose

Firmille

sa sœur

en mémoire

de lui (« /c/it ce 7)iotiumcnt) (1).

Cette inscription a une importance particulière, par la lumière qu'elle répand sur une question controversée. On trouve dans plusieurs épitaphes ces mots : Arec l'Esprit-Saiid, dans i Esprit-Saint. Beaucoup d'archéologues y ont vu une désignation de la troisième Personne divine; d'autres ont pré-

(1) Monumcyiti primit.,A\i{T\\mz,xi\i,]). 198.

tendu qu'ils se rapportaient seulement àràme du défunt, qu'ils marquaient un état de sanctification. Dans une pareille controverse , c'est une chose précieuse qu'une épitaphe dans laquelle ces mots ont un sens clair et précis. On j)0uvait déjà conjecturer avec vraisemblance que le style lapidaire des catacombes avait dû adopter cette formule pour caractériser : VEsprit de Dieu. Les chrétiens connaissaient cet oracle de saint Paul : «i Ignorez-vous que vos membres sont le temple de « l'Esprit-Saint (1). n Si l'Apôtre n'avait appliqué cette qualification qu'aux âmes des justes, cette idée n'aurait pas un rapport aussi direct avec les choses de la tombe. 3Iais il a dit cela précisément en parlant du corps, de cette partie de nousmêmes destinée au sépulcre. N'est-ce pas le plus beau titre de sa glorification future, le présage consolant de rimmortelle vie qui sera rendue à ces restes mortels? Cette idée s'adaptait donc très-bien au caractère des inscriptions funèbres. Et, d'ailleurs, lorsqu'on voulait marquer dans une épitaphe que l'àme du défunt avait quitté ce monde dans l'amitié de Dieu, pouvait-on exprimer cette idée d'une manière plus heureuse qu'en disant que cette âme était unie à l'Esprit, auteur et consommateur de toute sanctification? Ces raisons sont sans doute fort plausibles ; elles permettent de présumer que la formule dont il s'agit a été employée en ce sens, quelquefois du moins. Mais cette présomption se change en certitude, grâce à l'épitaphe récemment ilécouverte : ces mots, dans le Saint-Esprit de Dieu , excluent toute équivoque. Ce petit débris de l'église souterraine de Saiid-IIcrmès occupe donc une place distinguée parmi les matériaux de l'érudition chrétienne. La vieille inscription a surgi par hasard, à l'occasion de quelques travaux entrepris pour consolider cette église qui menaçait ruine. Ces constructions matérielles ont concouru, d'une manière imprévue, à une sorte de construction scientifique par le point d'appui que cette épitaphe fournit à l'archéologie sacrée.

Les observations qui précèdent prouvent que la discipline du secret a laissé échapper sur les monuments funèbres plu-

(1) Au lïescitis quoniam meiubra vestra lemplum suul Spiritus sancti. I ad Corintli., vi, 10.

TRADITION :»!OMMn>"TALn:. lil

sieurs indices de la foi à la Trinité. On sent que la sublime vérité y est présente sous un voile. Quand le disque du soleil se couvre d'un nuage, il révèle sa présence par une zone de lumière qu'il imprime sur les bords de Tombre mémo qui le cache.

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