IV. CARACÏÈUE FIGURATIF DE l'aNCIENIVE LOI
Les inonumenls des catacombes nous fournissent , sur les oroyanees (les j)reniiers siècles , craulres luniièies que nous devons niaiulenant recueillir. Entre les sujets de tableaux, pris dans l'histoire d'Adam et dEve, et les faits fournis par Fliisloire évangéliqne, nous devons distinguer les j)einture3 et les sculptures qui reproduisent divers traits de l'Ancien Testament. En retraçant des exemples de foi, de courage, de conliance en Dieu dans les épreuves, elles formaient comme une exhortation morale, très-appropriée à la situation des chrétiens pendant les siècles de persécution. Mais elles avaient encore un autre but. Pourquoi Jonas est-il si souvent représenté sur les murs des chambres sépulcrales et au-dessus de la table mciue des autels? On ne voit qu'une seule raison qui ait pu motiver cette répétition si fréquente : c'est que le Sauveur avait dit lui-même que ce prophète avait été la figure du Christ mourant pour ressusciter (1). Un texte de la première épître de saint Pierre avait indiqué une comparaison entre Tarche matérielle de Noé et l'arche spirituelle l'Eglise (2), comparaison développée par plusieurs anciens Pères, notamment par saint Cyprien (ô) et par saint Augustin (i). On savait aussi par un passage de saint Paul (5), quia été également commenté par les Pères, que le rocher, produisant des eaux sous la verge de Moïse, avait figuré le Christ, la pierre spirituelle d'où jaillissent les torrents de la grâce. Le miracle des trois enfants jetés dans la fournaise et bénissant Dieu , était le type de l'Église qui passait, en chantant des hymnes, à travers le feu des persécutions (O) : les lions de Babylone renaissaient dans ceux du Colysée. Les tableaux, très-nombreux, qui représentaient
(1) S. Math., XII, 40.
(2) lEpist.,iu,'20,'-2].
(ô) Epislnlal'i.
(4) De Catech. rud., c. xxvii.
(5) Epist. ad Corinth., x, 4.
(G) Teniporibus itaqiic apostoloi'iim cl marlyiiim illiid iiuplnliadir, f|iiod figuratum est qiiando rex memoiatus (Nat)ucliotlonosoi) pios fit jiisios cot;<'l)al adoraie sirniilaciiiin et récusantes in Haniiiiain iiiiUi'l)al. S. Aii{;ii.si.. Epistola 48, n°i), alias 9-3.
10!2 ciiAriTRE vin.
ces différents sujets, avaient donc, outre leur utilité morale, un caractère dogmatique, en ce sens qu'ils signifiaient que l'ancienne loi avait été figurative de la loi évangélique. Dés l'origine de l'Église, les docteurs chrétiens ont insisté sur cette vérité. Les païens reprochaient au Christianisme d'être une rellgion nouvelle : il était important de prémunir contre cette attaque la foi des néophytes, et de figurer à leur imagination, à leurs sens même, la suite de faits prophétiques par laquelle la relififion remonte à l'oriççine du monde. C'était en même temps un moyen de repousser la doctrine de plusieurs sectes du Gnosticisnie , qui considéraient l'ancienne loi comme ayant été l'œuvre, non du vrai Dieu, mais d'un être imparfait ou mauvais. L'unité de la religion dans tous les temps fut écrite sur les murs des catacombes.