EGLISE DE SÀINT-P1ERRÉ-ES-LIENS
i s'étaient réunies en une seule, y avaient clé
posées, je ne le combats pas.
» La (ele <l«'s chaînes de S. Pierre est Irès- » ancienne chez les Grecs et les Romains, peuti èlre même qu'elle a été célébrée à celte mémo ■ époque.
» Si mon esprit pouvait se livrer à des con- » jectures, je disputerais sur bien des points con- » cernant celte croyance ancienne. Mais je regrelle p d'eu avoir dil ce peu de choses. Je suis un cri- » tique, non un devin ( criticum ago, non » va te m '). »
Par le trait assez mordant qui termine celle nuliee, on voit que Foggini ne savait comment débrouiller les erreurs diverses des écrivains qui avaient ; arlc des chaînes, et croyait qu'il fallait être devin, pour savoir à quoi s'en tenir.
On \oit aussi qu'il ne distingue pas la maison de Pudens, qui est aujourd'hui l'église de Sciinte- Pudentienne, de l'église de Saint-Vierr-j-ès-licns qui en est tout proche.
Après lui vient un écrivain sérieux qui a traité ex professo ces questions des chaînes. C'est l'abbé Monsacrati, chanoine régulier de l'ordre de Saint-Sauveur.
Voici la description qu'il fait de ces chaînes, eu
1 Fogginius, de Romano divi Pétri itincre et Episcopalu, p. "2b i, in-40, Floreotia', 1741.
1750, dans un ouvrage dédié à Benoit XIV.
Section VIT. Les Chaînes actuelles sont-elles de Jérusalem ou de Rome 1
« 11 y a deux chaînes ou une on deux parties, )> L'une a 23 anneaux en long, le dernier est » crochu et tortueux et est attaché à une humella » ou colet de ter consistant en deux demi-cercles, d qui avaient entouré le cou de S. Pierre.
» Je ne crois pas que celte chaîne ou partie )> de chaîne fasse partie de celles qui furent » jetées sur S. Pierre à Jérusalem, car S. Luc : dit que ce furent les mains et non le cou de » S. Pierre qui furent attachées \ C'est plutôt o celle qui lia S. Pierre allant au supplice (à » Rome).
» La 2e chaîne ou partie de chaîne a 1 1 an- ;> neaux, et comme ces anneaux sont tout à fait b semblables à ceux de la lre chaîne, tous ces )> anneaux paraissent être du même ouvrier. d L'auteur de la .Notitia de locis sanctorum in i urbe Iioma du 9e siècle ne mentionne qu'une .> chaîne, de même que Nicol. Signorilis. Cepen- » dant on croit qu'une partie des chaînes de » Jérusalem a dû exister ici. Aussi je pense que » quelques anneaux de la petite chaîne viennent " de Jérusalem : 4 anneaux en effet ne sont
1 Viiictis catenis duobus et ceciderunt catenae do
Eaaillij ; ïjus Actes Xli, 6. 7).
pas loul à fail semblables aux autres \ »
L'abbé Monsacrati évite, connue on voit, de
mentionner le miracle fie la réunion des chaînes;
el cite expressément deux chaînes : rime de 23
anneaux et l'autre do 11 anneaux.
Voici, en ce moment, quel est l'étal do ces cliaines d'après un voyageur plus moderne qui donne ces détails.
a L'une de ces chaînes se compose de 28 an- >> neaux dont le dernier, en forme de S, soutient m l'entrave qui serrait le cou de l'apôtre.
i L'autre chaîne, miraculeusement unie à la
première, est formée de 5 anneaux. 4 plus
petits et le oe également en forme de S. auquel
sonl attachés un plus grand anneau rond et une
» liane de 1er qui réunissent les deux chaînes2. »
Nous ne ferons sur cela qu'une remarque
c'est que, à Jérusalem, ce furent les mains do
S. Pierre et non son cou qui furent liés, il ne
dut y avoir qu'une des chaînes qui porte le carcan
en forme de S. — Le même auteur donne ensuite
les détails suivants sur les lieux où se conservent
quelques anneaux détachés de ces chaînes.
A Sainte-Cécile, a Rome, dans le Transtevère,
1 Monsacrali abbas ex ordine Gan. Regul. S. Salvatoris de Catcnis S Pétri dissertatio, ad Benecî. xiv, in-4°, Roma? 1750,