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lettres colossales. Des Protestants m'ont dit qu'i's n'avaient jamais lu ces mols-Kà dans ce lieu-là, sans en ressentir une impression dont ils ne pouvaient se défendre. Il est facile d'en apercevoir le principe. D'une part, l'Eglise de Dieu est, suivant la parole même de Jésus-Christ, une architecture divine, un édifice surnaturel, dont il a posé le fondement dans l'autorité qu'il donnait à Pierre. utre part, les temples matériels sont généralement considérés comme la figure de ce qu'il y a de spirituel dans la constitution de l'Eglise. Or, à Saint-Pierre, le temple matériel, qui, par sa grandeur et sa beauté, est la plus auguste représentation de l'Eglise spirituelle, se trouve être bâti sur les restes matériels et sur le tombeau immobile de celui à qui le Christ a communiqué son autorité pour que cette autorité fût le fondement spirituel de l'édifice divin qu'il voulait bâtir pour tous les siècles. Je ne crois pas qu'on puisse trouver nulle part un accord plus parfait, une coïncidence plus frappante de l'invisible et du visible, de l'idée et de la réalité sensible, delà parole qui illumine l'esprit, et du fait qui éclate aux yeux. De là cet éclair de vérité, entrevu par les Protestants dont je viens du parler.
Le caractère de perpétuité est manifesté aussi
ilique Yaticane, puisqu'elle nous offre,
comme nous l'avons vu précédemment, une chaîne
de monuments, dont le premier anneau est atta-
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ch ! au berc au mùinc du ■ ibi isl tandis
le dernier se renouvelle à i I Le
•: de S. Pien . à lui seul, une tradition
perpétuelle. Lorsque, dans le 166 siècle, on a remué qui élaient à l'entour, on trouve dans l'un d'eux celle inscription : Sanctus
nom du second Pape. Il n'est ; probable <]ue cette inscription remonte au delà du i e à laquelle Ivestre a dé-
core la confession de St-Pierre. Mais elle n'a pu être tracée alors que d'après des indications antérieures. Le renseignement qu'elle fournit s'accorde avec les anciens documents historiques, suivant
jiiels les premiers successeurs de S Pierre ont eu leur sépulture à côté de lui. Depuis lors, tous les âges chrétiens apportent des témoignage s à ce sépulcre de la Papauté. Le savant Ste; hano Borgia a fait un livre 1 très-intéressant sur ce sujet : ii y a recueilli, siècle par siècle, les passages des écrits contemporains relatifs à ce monument ; on y voit que le silence de ce souterrain a eu des échos à chaque moment de l'histoire. Y a-i-il un autre monument dont on ait les éphémérides séculaires depuis dix-huit cents ans ?
Cette Basilique exprime, sous un triple rapport, V universalité de l'Eglise: l'universalité de la foi,
1 Yaticana confessio B. Pétri, ehronologicis tcstimoniis illustrata. Rem*, 1776, ii>40.
par ces représentants des populations catholiques de tons les pays, qui s'y trouvent présents chaque année pour y recevoir la bénédiction du Père commun ; l'universalité de l'espérance, en la miséricorde divine, par ces tribunaux de la pénitence, destinés aux principales langues du monde chrétien : l'universalité de la charité, par ces statues des fondateurs et des fondatrices des ordres religieux,, qui garnissent la nef principale, et qui sont là pour nous dire que l'esprit de dévouement et de sacrifice a envoyé ses colonies par toute la terre. Sous le rapport du culte, les deux grandes liturgies de l'Eglise y ont leurs représentants : pour le rit latin, les corps de S. Léon et de S. Grégoire 1er; pour le rit grec, les corps de S. Grégoire de Nazianze et de S. Chrysostome. L'Orien! et l'Occident y figurent aussi d'une autre manière. 11 y a sous le vestibule deux statues équestres, celle de Constantin et celle de Charlemagne. L'un a fondé cette Basilique : l'autre y a reçu l'empire, L'un a été le libérateur du Christianisme persécuté, l'autre a été un instrument de la Providence, pour l'indépendance temporelle de la Papauté. Voilà les titres qui leur ont mérité d'être choisis entre tous les souverains pour se tenir là comme des sentinelles, qui gardent, au nom du monde chrétien, le tombeau du Pécheur. En rappelant tout ceci, j'écarte à dessein les particularités. Lorsqu'on visite Saint-Pierre, on est souvent trop préoccupé