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Que la Sibylle ait dit à l'empereur Auguste qui Y Enfant hébreu l'empêchait de parler et que, à la suite de celte réponse, l'empereur ait élevé un autel au premier né de Dieu, ces assertions, jetées dans l'immense lacune iju'offrent toutes les histoires sur le nombre et l'influence des Juifs a Rome, sur la connaissance que les Romains ont eue de leurs livres et de leur religion, et aussi sur la grande autorité que les prédiclions et les révélations de toute sorte avaient sur l'esprit des Romains, et en particulier sur Auguste. « qui, dit » Suétone, était très-superstitieux et très-impres- )) sionné par les prodiges, » ces assertions, dis-je, sont étranges, rejetées assez communément comme fausses. Mais quand on connaît toutes ces choses, comme tout à fait historiques, oh ! alors la question change de face.
Récapitulons donc, d'après les historiens païens, que nous citerons plus loin l3 ce que les Romains ont pu et dû savoir sur la venue de Y Enfant Jtcbreu.
En 138 av. J.-C.,Yalère Maxime, d'après Julius Paris, nous dit que « les Juifs furent chasses de Rome,
1 On peut voir aussi tous ces faits mis au grand jour, et tous les textes produits dans Documents historiques sur la religion des Romains et sur la connaissance qu'ils ont pu avoir des traditions bibliques par leurs rapports avec les Juifs, etc., par M. Bonnetty, 4 vol. in-8°. Paris, au bureau des Annales de philosophie et dans la 5e série de cette Revue.
t» parce qu'ils corrompaient les mœurs romaim s » par le culte de Jupiter Sabazius(5fl£a0^ !. »
Lu 75, les livres Sibyllins ayant été brûlés, une députation est envoyée en Orient pour en rapporter tous les livres prophétiques, d'après lesquels on reconstitue les livres Sibyllins.
A cette époque, le juif Polyhistor, le plus savant des historiens, est le précepteur de Lentulus et (l'Antoine, dont tout le monde connaît l'influence à Home.
En 62, Julius Marathus constate la croyance que la Nature enfantait un roi au peuple romain et que les sénateurs effrayés décrétèrent qu'aucu des enfants nés cette année serait élevé; ce qui échoua, parce que chacun des sénateurs espérait que ce serait son fils.
Le devin Nigidius déclare qu'il était né un Maître à la terre.
La même année Pompée entre dans le temple des Juifs, et l'on connaît à Rome qu'ils n'adoraient qu'un seul Dieu, sans aucune image. — Grand mélange des Romains et des Juifs,
En 58, Cicéron, plaidant pour Flaccus devant Pompée, dit : « Vous savez combien leur multix> tude est grande à Rome, combien ils sont unis,
1 Juda?os, qui Sabazi Jovis cultu, romanos inticere mores conati erant, repetere domos suas coegit (Jul. Paris, Epitomc aecem librorum Val. Maximi, dans les Scriptores veteres de Mai, t. m. pars 3s p. 7).
» combien ils ont d'influence dans nos assemblées. » Il nous apprend que Lelius avait vante leur religion et la grande protection de leur Dieu.
En 44, Yarron donne en exemple la religion des Juifs.
En 43, Cicéron donne le seui texte authentique de la Sibylle romaine, annonçant que a si nous » voulions être sauvés, il fallait appeler un roi. » — Influence des Juifs sur celte prophétie et sur la mort de César, dont elle paraît être la cause.
En 39, Hérode envoie ses enfants à Rome où ils fréquentent la maison de Pollion, le célèbre protecteur de Virgile, et qui était en même temps l'hôte d'Hérode; ces jeunes princes et les docteurs juifs qui les accompagnent durent faire connaître les prophéties de l'Enfant altendu.
En 12, les livres prophétiques étaient si répandus à Rome, que « Auguste, dit Suétone, les fit » rechercher et en fit brûler plus de 2,000. » Qui dira qu'il n'y avait pas là des extraits de la Bible?
En 6. Auguste appelle Hircan, grand prêtre du Dieu très-haut.
En 1 [après J.-C), Philon nous apprend 0 qu'Auguste ordonne qu'à jamais des victimes » choisies et des holocaustes soient offerts, tous » les jours et à ses frais, au Dieu très-haut, dans » le temple de Jérusalem. n
PENDICE II. 1 s.">
Enfin, on connaît combien tons les Romains, el en particulier Auguste, étaient attentifs à tons les prodiges et à toutes les prophéties. Voilà une idée sommaire de la connaissance que les Romains avaient i\v< Juifs à cette époque. Nous donnerons les textes plus loin. Mais nous avons dû les indiquer avant la lecture des texles suivants si controversés.
Maintenant nous allons citer ce que les auteurs dirent (le Y Enfant hébreu^ dont la Sibylle parle a Auguste, et deVAviel que celui-ci lit é'everau Capitole.
Jusqu'à ce jour on donnait comme le premier auteur qui eût cité cette prophétie, Jean Malalas, moine placé communément vers le 99 siècle ; mais le cardinal Mai a trouvé dans la bibliothèque palatine une Chronique latine, dont l'auteur inconnu finit sa narration en l'an 9 du règne de Justin le Jeune, c'est-à-dire à l'an 57 4 du Christ. C'est à cette époque au moins qu'il faut faire remonter cette tradition en faisant observer que l'auteur cite Timothée, le sage chronographe, que nous verrons remonter près des temps apostoliques. C'est donc cette Chronique que nous allons citer d'abord.