ÉGLISE DE SAIXTE-MARIE-DU-SOLEIL, TEMPLE DE VESTA
Lorsqu'on traverse l'emplacement de l'ancien marché aux bœufs, Forum boarium (8e région de
me), sur la rive gauche du Tibre, on voit tout près du fleuve un petit temple rond, d'une forme élégante, entouré d'une vingtaine de colonnesà chapiteaux variés. Beaucoup d'antiquaires, surtout parmi les anciens, lui ont donné le nom de temple de Y esta. D'autres ont pensé qu'il avait été dédié à Hercule Vainqueur. Mais depuis on a remarqué dans la rosette des chapiteaux un emblème qui semble se rapporter au culte de la divinité païenne adorée sous les titres de Cybèle et Vesta. Cette observation et l'indice fourni par une topographie de Rome antique, qui place, dans cette région de la ville, un temple de cette Déesse, ont déterminé des savants de nos jours à restituer à cet édifice son ancien nom \
1 II ne faut pas toutefois le confondre avec le principal
■t U ITKK XVII.
1! est aujourd'hui l'église de Sainte -M arie-du- Svleil.
Panciroli, ce vieil et bon explorateur des trésors cachés de Rome chrétienne, a bien exprimé rni fi cation de ce monument. Je préfère à - les réfl -xions que je pourrais faire ses pieuse- el naïves remarques, bien qu'elles renferment quelques rapprochements trop subtils.
« Quelque grande que soit la corruption de » noire nature, inclinée par elle-même au mal, » sa vertu a pourtant une beauté, une splendeur » visible et aimable pour ceux même qui, privés ■) de la lumière de la foi, ne voient qu'un peu » avec celle de la nature. Nous en avons une » admirable preuve dans ce très-ancien temple. » Il a été dédié à la déesse Vesta, que les Gentils *> se sont représentée comme vierge très-chaste,, a toute occupée de maintenir toujours vive une « flamme sacrée : noble figure d'un cœur pudi- ). que et toujours brûlant des flammes du divin » amour.
» Bien que cette histoire de Vesta soit une :■ fable et unsongedes poètes, il s'est néanmoins >< : encontre beaucoup de femmes, qui, à l'imi- » lation de celte déesse, se sont vouées à la virgi- » ni lé, pour être consacrées à Vesta et à son temple.
e de Testa, situé près de la fontaine Giuturne, à 1" endroit où nous voyons l'église de Saint-Théodore, au pied du Palatin.
[SE DE SADvTE-MARIE-DU-SOLEIL. 5
, Elles \ avait ut soin que le feu qui brûïail
D son autel ne s'éteignit jamais, ou, si par hasard
-, il venait à manquer, il no leur était pas permis
c de 1l> rallumer par un autre moyen que par les
.. plus purs rayons du soleil répercutés par un
» miroir. Oh ! qu'on a bien t'ait de «ledier ce temple eu l'honneur de celle qui n'est pas seulc-
» ment la Reine des vierges, de celle qui est toute
» enflammée du feu de l'amour divin, parée
» qu'elle a réfléchi les rayons du soleil de justice,
»> auquel elle a été si parfaitement unie par la
grâce . »
Telles sont les réflexions de Panci roi i2.
Le pieux auteur commet ici une erreur quand
il dit : que dans le Paganisme beaucoup de femmes, à l'imitation de Vesta, se sont vouées à la virginité pour être consacrées à celte déesse et à son culte. Il n'y a que les vierges chrétiennes qui se vouent elles-mêmes à la virginité. Los Vestales étaient dévouées forcément à cet état. Celaient les parents qui les offraient, ou le Grand-Prêtre, qui les prenait, pour les vouer a la virginité.
a D'après la loi Papia [651 av. J.-C.) , dit
• Tesori nascoti nclï aima cita di Roma, raccolti e posti in luee, per opéra rl'Ottavio Panciroli, Roma, 1600; p. 505, au
litre de Sainte-Marie des Grâces.
aient de ce chapitre par M. Bonnctly.
» ÀLilu-GeSle. il ctail spécifié que. sur l'indication
arbitraire du Grand-Pontife, vingt jeunes vier- » ges étaient choisies parmi le peuple, et on • tirait au sort sur ce nombre, et quand une » était désignée par ie sort, le Grand-Pontife la a prenait et elle devenait dévouée à Vesta1. »
La jeune fille devait être âgée au moins de G ans et ne pas dépasser 10 ans2.
« On se sert de cette expression prendre la » vierge, dit le même auteur, parce que, saisie par » la main du Pontife, elle était soustraite à son p père, comme une captive prise à la guerre3 . »
On a conservé la formule de cette violente appréhension :
« Pour prêtresse Vestale, qui pratique les rites » sacrés, qui jouisse des droits de se dire ou » faire la prétresse Vestale pour le Peuple romain 6 et les Qui rites, afin que cela se fasse selon » l'exacte loi, ainsi, Amata, je te prends1*. »
Amata, ta ce que l'on prétend, était le nom de la première Vestale prise par Numa.
Ainsi donc les Vestales étaient vestales par force. Quel changement le Christianisme a intro-
1 Aulu-Gclle, JSoctes atticx, 1. i, c. 12.
-' Ibid.
s Ibid.
4 Sacerdotem vestalem quae sacra faciat, qure ious (jus) siet, sacerdotem vestalem facore, pro Populo romano, Quiri- (ibusque, ut et quœ optuma lege fiât, ita te, Amata, capio. Fatibus Pictor, dans AuL-Gel. i, c. 12.)