Objection contre la forme de la lettre
On a prétendu que la forme arrondie de e est toute moderne. M. Ed. Leblant dit qu'on ne la trouve dans les inscriptions chrétiennes qu'à dater
deo272.
1 Drach, ibid., p. 37.
:" Manuel d'Epigraphie chrétienne, p. 42.
En fait d'archéologie, l'autorité de M. Leblant est grande ; il convient donc de discuter son assertion.
Plusieurs questions sont soulevées ici. Il s'agît eu effet de rechercher à quelle époque remonte lu forme de ces e sur les inscriptions lapidaires, et sur les écritures manuscrites et courantes, sur les inscriptions païennes, juives et chrétiennes, et puis en quel pays elle a été en usage.
Envisageons d'abord la question en général.
D'après le P. Lupi, il paraîtrait que c'est le P. Ed. de Vitry, qui, dans une dissertation sur le tombeau de S. Clément, aurait dit : « Que la lettre G » en forme arrondie fut d'abord employée en » Syrie, puis en Egypte et en Asie sur les mo- » numents. Mais que les Grecs européens ne * l'employèrent qu'au temps de Domitien (81-96) » et les Latins que vers le règne de Justin ou » de Justinien, c'est-à-dire au Ge siècle après » J.-C. \ »
Dans son Recueil des inscriptions grecques et latines de F Egypte, M. Letronne vient corroborer l'opinion du P. de Vitry, et donne de très-nombreux exemples d'inscriptions où les deux formes
i Tiii Flavii démentis vïri consularis et martyris tumuîus illustrâtes, Urbini. 1727, in-4°, GO p.
de sont employées. Voir en particulier la lre inscription, formée de points où la lettre £ est 5 fois répétée *.
La plupart de ces inscriptions ne portent pas de date. Mais voici un papyrus grec trouvé dans un tombeau égyptien, auquel est jointe sur le verso une mention de la 22e année du règne de Ptolémée Philometor, l'an 160 avant J.-C; il est par conséquent du 2e siècle avant notre ère. Or, on peut voir, dans le fac-similé que donne M. Letronne de trois de ces fragments, qu'à cette époque on se servait exclusivement de la forme des G arrondis. Cela est évident, surtout dans le 3e fragment qui est écrit en lettres onciales ou majuscules2.
Ces formes d'e écrites en Orient restreignent la question, et laissent subsister l'authenticité du titre de la croix, écrit en Syrie.
Continuons à citer les G ronds dans les monuments païens.
Le P. Lupi fait observer qu'on le trouve sur un vase très-ancien dans le nom de Sextus Clodius, vase qu'il croit être du temps de la Républi-
* Atlai, pL v, no a ; pi. vi, n° b, c. f. g ; pi. vin, n°» 3, 4, 7; pi. xiv no* 2, 4, 5, 8-11, 13, 14, 15 avec les deux formes; pi. xv nos 2-5.
: Voir ce fac-similé mis à la un de Y Aristophane de Didot, Paris, 1833.
que ou des premières années de l'empire !.
Mais voici quelque chose de nouveau et de plus précis.
Quintilien r.ous a déjà appris que clans les écoli - romaines on exerçait les enfants à écrire de gauche à droite et puis de droite à gauche, comme a été écrit par Pilate le mot de JSazarenus\ or nous allons voir qu'à la même époque on apprenait aux enfants à écrire les deux formes d'E et que par conséquent Pilate lui-même a dû apprendre à écrire des e arrondis.
En Tan 79 de J.-C, une effroyable éruption du Vésuve ensevelit les villes de Pompéï et d'Herculanum sous les cendres, que l'on travaille depuis longtemps à enlever. Sur ces murs antiques, comme chez nous, les enfants, ou les désœuvrés, ont tracé des caractères majuscules et cursifs. Un érudit le P. Garucci, jésuite, en a pris des facsimilé. Eli bien, nous y trouvons encore un grand nombre d'e arrondis au milieu des e carrés.
On peut en voir notamment dans les planches i, n. 5, 9 ; ii, 5, 8 ; v, 5, 6 ; xxv, n. 11-14, 20-24; xxvi, 4, 16, 28, 30, 42, 54, etc., etc. \
i Lupi Epitaphium Severar, p. 65, la pi. xv, n° 6, p. 89.
7 Graffiti di Pompe i ; 2e édit., Paris, 1856.
AIPENDICE xîV.
A Ilerculanum, nous avons des manuscrits de cette époque, et probablement plus anciens. M. Gros en a déchiffré deux, et y a joint 4 pages de fac-similé, or tous les £ en lettres capitales ont la forme arrondie \
« A celte époque, dit avec raison le P. Garucci, » l'alphabet grec qui avait cours dans les écoles » employait l'G, et le c P" demi-lune, à la place » du 2 2. »
Telle était donc l'instruction vulgaire donnée aux enfants dans les écoles. On leur apprenait en même temps l'alphabet lapidaire et l'alphabet archaïque pour lire les monuments nationaux élevés sur un grand nombre des places publiques de Rome, et où les deux sortes d'E se trouvaient inscrits.
Ce n'est pas encore assez. On fait dans ce moment à Rome le déblaiement du grand palais des empereurs romains sur le mont Palatin. Le môme Père jésuite assistant à une de ces fouilles vit une figure informe d'un homme crucifié ayant la tête (fun âne. C'est bien la preuve de celte absurde accusation formulée, d'après Tacite et Tertullien, contre les chrétiens3. Or, au-dessous se trouve une
1 Voir Philodemi Rhelorica, reslitirii, latine verlit. E. Gros, in-8°, Parisiis, 1840.
* Graffiti, p. 27 et 38; voir aussi Cavedoni, Bull. imî. ds p. 175 et Bull. Arch. napolita., an II, p. 83.
3 Tertull. Apolog. c. xvi, Pat. lit. t. i, p. 364. — Ta cit. Uùl. v, 4.
inscription presque contemporaine du litre de lu
croix.
Voici celte figure et celte inscription :
Or encore ici, comme on le voit de ses propres se trouve un G arrondi mêlé aux E carrés.
TOJIE III.
3<S(j APPENDICE XIV.
L'inscription en efl'et porte :
AAESAMENOC CGBETE OEON ».
En face de ces documents presque contemporains de Pilate et du Crucifiement, on se demande comment des érudité de renom ont pu dire que les C ronds sont d'un emploi récent et ne commencent qu'au 5e ou 6e siècle?
11 semble qu'on ne peut pousser: plus loin la démonstration que Pilate a pu écrire par un G arrondi le litre de la croix, eh bien, nous pouvons approcher encore plus de l'époque même du Crucifiement. En effet, voici une médaille du roi Agrippa, celui-là même devant lequel S. Paui plaida sa cause,
et sur laquelle on voit d'un coté le tabernacle et l'inscription BACIAGHC ArPITïA, et au revers trois épis de blé liés ensemble 2.
i Voir l'histoire de cette découverte dans les Annales de philosophie chrétienne auxquelles nous empruntons cette planche t. xv, p. 101 (4e série).
* Akermann, ISumismatic illustrations of the narrative portions ofthe new Testament, London 1846; traduit dans Annales de philosophie chrétienne, t. i, p. 432, (4e série).
Tout doute après cela doil disparaître, car la
preuve est palpai. h-. Eh bien, dirons-nous de nouveau, nous allons encore approcher plus près
du moment précis oùPilate « écrivit, ce qu'il écri- )) vit, quod scripsi, scripsi. Voici l'e arrondi sur la médaille de cet Uérode, le (étrarque de la Galilée, à(|iii Pilate envoya Jésus, cet Hérode qui renvoya
Jésus à Pilale, après l'avoir revêtu d'une robe de {'ou :
On y lit HR'ocoj TCTPApxou, monnaie d Uérode le tclrarquc, et au revers TiBGPIAC nom de la ville de Tibériade, qu'Hérode avait fait construire l'an 19 de Jésus-Christ et qu'il nomma ainsi en l'honneur de Tibère. C'est la ville qui fit frapper cette médaille que l'on peut voir à la Bibliothèque nationale de Paris 1.
Poussons encore plus loin, et dépassons l'âge deJ.-C.
L'abbé Barthélémy2 nous donne une médaille d1 ' Antigone, le dernier roi des Juifs de la race des .Macchabées qu'Antoine, sur h demande d'Hérode, qui lui donna pour cela une grande somme d'ar-
1 Voir Annales de philosophie, t. x\-, p. 134.
2 Voir son Atlas, pi. xi, n. 8, et OEuvrcs, t. iv, p. 122.
prentj dit Josèphe1, fit battre des verges et frappa de la hache, « ce que, ajoute Dion, les Romains » n'avaient jamais fait à l'égard d'un roi \ »
Or cette médaille porte d'un côté une couronne dans laquelle on lit BACIAGOC ANTITON, et de l'autre une légende samaritaine.
La mort d'Ântigone arriva l'an 36 avant J.-C. Ce qui est une assez belle antiquité pour la lettre
K le est encore plus ancienne dans l'inscription TPYOON eiTOICI mise par l'artiste grec Tryphôn sur un bas-relief4.
Nous n'avons pas ici à nous occuper de l'âge des inscriptions chrétiennes5; mais nous ne pouvons passer sous silence la célèbre inscription trouvée dans le cimetière d'Àutun, qu'on reconnaît remonter au 3e siècle et dont les nombreux G sont lous de forme arrondie 6.
i Josèphe. Ânt. Jud., 1. xiv, c. 16.
* D'.oa, Mst. Rom. 1. xlix, c. 22, et Strabon, dans Frag. hist. Grœc. t. m. p. 494.
3 Voir Annales de philosophie, t. xv, p. 376 5e série,.
4 Voir ce bas-relief dans Montfaucon Ant. Expl. t. i, part. 1, pi. 120, et les médailles de Syrie t. m, part. 1 pi. 121 et sur
hon sous les successeurs d'Alexandre, M. de Clarac, Antiques du Musée royal, p. 4-2-2.
b Voir clans Lu pi Epilaphium Severœ, le chap. xv ayant pour titre : 6 luna'um qua œlale in usum,p. 140.
6 Voir deux fac-similé de cette inscription dans les Annales de philosophie, t. xix, p. 107 2« série) et t. ni, p. 10 scrie*.
ArrENDiCE xiv. 389
En outre, clans le magnifique Codex des peintures homériques que le card.Mai a publié, on voit, dans le fac-similé en lettres majuseules qu'il y a joint, que tous les € ont la forme arrondie- Or ce codex, d'après le card., remonterait au moins au .")e siècle de noire ère '.
Ainsi nous aurions la preuve que, lorsqu'au 5e siècle M. Edmond Leblant trouve les € arrondis dans les inscriptions chrétiennes, c'est que l'artiste ne faisait que transcrire une forme que Ton suivait communément dans les écritures.
De même quand Pilate a écrit le titre de la croix avec une, il ne faisait, comme nous l'avons dit, que reproduire une des formes qu'il avait apprises dans son enfance.
Nous ne croyons pas qu'on puisse pousser plus loin la preuve de l'authenticité de la lettre G du titre de la croix.
9 — Objections contre les lettres, s, C N, I-
On objecte le •. de Iecouç au lieu de It^ouç. Or Gretzer fait observer que cet échange est trèsancien et très-commun.
On lit sur les monnaies A0=va pour AO-r^ et
u.toi pour |M)tpi \
1 Voir le fac-similé de la p. 26, et la préface p. 18, in-folio, Rorrue, 1835.
8 Voir Golzius et Gruter, dans Niquet, de Cruce, p. 118.
« Il est certain, dit un savant grammairien, » que, d'après Platon1, les anciens Grecs n'ont eu b d'autre e que les, et d'autre o que leo; c'est u Simonide qui inventa le rt et le »*. »
4° Quant aux C pour 2, ils sont si nombreux dans les inscriptions qu'il ne vaut pas la peine d'en parler; nous en avons déjà des exemples dans les médailles que nous avons produites, et vers la fin du 1er siècle Terentianu* Maurus dit expressément :
Et C potest quocl Sï-ftMi sit s.
5° On a aussi critiqué la forme du N qui ressemble à une H- Mais, îi y a des exemples anciens qui justifient ces changements. Les Bollandistes nous apprennent qu'on a écrit HIKOAA pour NIKOAA 4-
6U M. Rohault fait observer que les critiques ont oublié de remarquer que l'E de NAZARÈNVS est remplacée par un |, et il renvoie au Dict. des ani. chrétiennes de M. l'abbé Martigny, qui donne de nombreux exemples où sur les marbres de la plus haute antiquité l'E est remplacé par uni , et où Ton trouve écrit CAVIAS pour CAVEAS 5.
1 Platon, Cratyle, p. 426, c ; dans Astius t. m, p. 221
2 Introductio grammatico-crïtica in lînguam grœtam, etc.,
a Joh. Sinionis, p. 59; Hake, 1752.
s Terentianus Maurus, de Syllabis, v. 50. 4 Bollandistes, au 1er mai.
6 Instruments de la Passion, p. 194.
Mais nous ne savons si cette transcription est bien exacte; en eflet le fac-similé de Corrieri donné par I)r Piolin, offre un t avec trois dentelures1, ce qui est une forme très usitée dans l'antiquité, entre autres dans VBomère et le Virgile de Maï.
10. — Objection contre la forme de la lettre 8- On a aussi nié l'authenticité du titre de la Croix
à cause de la forme de la lettre finale 8, que l'on dit n'avoir été usitée qu'au 3e siècle de notre ère. Mais il est facile de répondre à cette objection. Et d'abord voici des textes qui n'ont été cités par aucun des défenseurs ou des adversaires du 8.
Le philosophe Philoxène (mort 380 avant J. -G.), célèbre par sa condamnation aux carrières, pour n'avoir pas loué les vers de Denys le Tyran, avait répondu négativement à une de ses demandes, en lui envoyant une seule lettre, répétée deux fois.
Cette réponse donna lieu à deux proverbes chez les Grecs : La petite lettre de Philoxène, d>tXo£é*où YpamuaTtov, et o de Vhiloiène, to où toû âhXoisvou, appliqués aux personnes qui répondent négativement à une demande. « On le dit, ajoute Dioge- » nianus, de ceux qui répètent non. Car Philoxène
1 Dans Y Auxiliaire catholique, cité ci-dessus.
* ne répondit autre chose à Denys qui le rappe- 3> lait auprès de lui, si ce n'est 8, 8 *. »
Plutarque dit que lorsque Philippe [360-336 av. J.-C), demanda aux Lacédémoniens s'ils voulaient qu'il entràtchez eux en ami ou en ennemi, ils lui répondirent par le mot ou&repov 2, ni l'un ni l'autre. Nous croyons plutôt qu'ils lui envoyèrent la seule lettre 8 de Philoxène, comme le dit Ausone 3. C'est aussi l'opinion de Salvinus *.
Suidas, qui cite la petite lettre de Philoxène5, dit que c'était un a, et quelques auteurs font remarquer que a en grec était une négation; mais ils ne font pas attention que le & seul signifie 1, qu'il signifie de plus privation, en même temps que au.o nœntation ei admiration, viqu'iûorsilesil'nhvéçè de certains mots, et n'a jamais signifié précisément non. Lancelot dans ses Racines grecques a fort bien précisé la valeur de l'« grec dans ce vers :
a fait un, prive, augmente, admire,
1 Dans Adagia, siveproverbia Grœcorum, ab Andréa Schotto, cent, vin, n. 54, p. 254, m-4°, Antuerpice, 1612. — Voir en outre Erasme, Adagia, chii. ni, cent, n, p. 95 et 730, in-folio, Coloniee 1612, et ibid. Adagia Junii, chil. vu, p. 1351.
- Plutarque, Apophtegmes des Lacédémoniens, n. 26.
3 Una fuit tantum, qua respondere Lacones
Littera, et irato régi placuere negantes (Auson. Epis t. ixv, 36 .
4 Note 3 dans la trad. à'Eustathe de Politas, î. v, t. m, p. 1101.
6 Suidas, au mot Phil xène.
el dans la note suivante :
e L'unité lorsqu'il y a dessus un accent a; il
vaut mil li tent est au-dessous a. En composition l'a
marque 1° privation et vient d'a-:sp, ou de àWj, sans, hors; 2° augmentation , d'à'yav, beaucoup; 2° union de i'yj. , ensemble; 4° à circonflexe marque admiration, il plainte, reproche ».
On voit que l'a n'a jamais signifie non, el Deiivs aurail été bien embarrassé de savoir ce que voulait dire cet «, tandis que le 8 de Diogenianus est parfaitement clair.
Tout cela nous parait prouvé d'une manière inatta juable et nous sommes étonnés qu'aucun auteur n'ait cité ces textes.
Or. quelle était la forme de cette petite lettre qui à elle seule signifiait non?
On la voit sur doux médailles d'Alexandre ; le revers de l'une offre un Amour monté sur un lion, et l'on croit qu'elle fut frappée à l'occasion de son mariage avec Roxane, et le revers de l'autre le représente domptant le cheval Bucéphale.
Sur la première on lit simplement au revers AAEXANAP8, et a la seconde AAEXANAP8, sur la face et KOINON MAKCAONflN NGO 2, au revers.
! Racines grecques de Lancelot ; édition Gail, Paris, 1813. - Voir ces médailles dans Annales regum Syrise de Frœlich, pi. i. n. 6 Pt lu bis. Vienuœ 175 i, in-folio. Il faut remarquer la 2e médaille les E et les G employés en même temps.
L'authenticité de ces médailles a été niée, mais elle a ele fortement défendue. On peut voir en particulier la dissertation que Schlager a faite sous le litre de Commenta tio de numo Alexandri Magni l.
On cite Eckel contre ces médailles , mais il ne fait qu'en douter. Parlant de deux autres médailles d'Alexandre, données par Wildius1 dans ses Selecta numismata antiqua, il dit :
«Tout semble rapporter ces médailles à Alexan- » dre; mais comment aurait-on écrit, au temps de d ce prince, 8 pour OV. abréviation qui. à ma cont naissance, ira été employée que trois siècles après » l'ère vulgaire, ainsi qu'il appert par les médailles » impératoriales de la Mésie et de la Tbrace. Wal- » dius. qui les a publiées, a bien pu se tromper3.»
On reconnaîtra que la raison esl bien faible. il est plus probable que les médailles de Mésie n'ont fait que rétablir les anciennes, si toutefois celle forme s:était perdue. Ce qui est très-douteux.
En effel cette abréviation se trouve repétée sept fois sur un cippe en l'honneur de l'empereur Àntonin du 2e siècle (138-161;. Scaliger, qui l'a cite,
i Io-4°, p. i, Hamîmrgi, 1736.
- 5 numismata antiqua, pi. ni, n. 15 et IC. Amster-
dam, 1692, ii>.
■; Eckel, Dedoctrina numorum veterum t. ir, p. 96: Vinde.
1704, iii-4°, dissert, traduite en français par Chaussard dans sa traduction d'Amen, t. m, Atlas, p. 13s.
APPENDICE XIV. 30f»
ajoute que 0 surmonté de v, c'est-à-dire 8, pour mer, fut inventé tic bonne heure, et il Minime celte invention aux Athéniens1.
« C'esl par nécessité, dit Nigidius contemporain
i> de Cicéron,que les Grecs écrivaient ou par 6 et 6\» Nous connaissons les nombreux exemples qui prouvent que o se prononçait ou 3. Athénée le dit expressément: faisant rénumération des lettres, Vè y est appelé Oo; de plus il cite une épilaphe où énumérant les lettres du nom de Op'^yv.0^ il donne à l'ô le nom de 60 \ mais il fallait bien, comme le dit Nigidius, qu'on distinguât le ô article de l'o diphthongue, négation, qui n'était qu'une seule lettre , et cette différence était marquée par à et 8.
Eustathe nous apprend en effet que c'est quand l'o était une voyelle longue que les grammairiens l'appelaient ou 5. D'ailleurs, jamais sur les médailles on n'a exprimé o3 par un 0 simple. On mettait tantôt un très-petit o auprès de V, comme °V 6; on
1 DansScaliger, Animad. in Chron . Eusebii, p. 115, Amsfc. 1658 in-fol.
2 Dans Aulus-Gelius, Noct. Atticz, xix. 14.
3 Voir l'inscription d'Hérode Atticus (104 180 de J.-G.) portant ooevi pour ooosvt dans Sealiger, ibid. p. 118.
* Yoir V Athénée de Casaubon. 1. x, c. 20, p. 453 et 454, in-fol., 1597, et l'édit. de Dindorf, in-8°, Lipsia?, I82«s p. 1C05, 1008.
5 Eustathius sur l'Iliade, 1. r, n. \.
e Voiries médailles de Lysiinaquu, de rHo.emee-PiiilûLuo-
l'écrivait aussi en mettant r'o au-uussus de sous cette forme V '\ il n'est pas étonnant que dès la même époque on donnât à ou la forme de 8.
Aussi un homme bien renommé par sa connaissance de l'antiquité n'hésite pas à dire :
ce Plusieurs de ces sortes d'abréviations se » trouvent dans les plus anciennes médailles des » grecs et des latins ; ce qui sert benucoup à faire » connaître la manière d'écrire des anciens2. »
Enfin même dans les catacombes on a trouvé le signe y pour qôtoç. C'est Placentinus3 qui le donne d'après BoldeUi, p. 400. Mais ici encore, et d'après ce signe peut-être, on regarde cette inscription comme récente et peu sure. A l'avance ces critiques avaient décidé que le 8 était tout récent.
Concluons. — 11 reste bien prouvé que lorsque Pilate a écrit NAZAPeNSC pour NAZAPGNOC, il n'a fait que suivre les grecs qui écrivaient
9p*Gifiax<HK pour 9pa<rt(uqro;.
tor, de Seleucus-Xicator et d'Antiochus-Sidetes ; dans Wildius, n° 22 à 26 ; ibid. p. 28.
1 Voir Schlager, ouv. cité, p!. iv, n. 5.
2 Talia certe plurima in vetustissimis grfoeorum juxta et latinorum nummis occurrunt, quibus scripturœ apud vefevres ratio non parum illustratur (Spanheia, de prœslanlia cl usu numismatum, t. i, p. 123).
3 Placentinus, de Siglis veterum grxcorum, p. 134. in-4° Komse, 1157.
AJPI»Ei\TDICE XV
(Tome II, p. 358, in-3° et p. 376, in-12.)
Mgr Gerbet, après avoir cité la traduction d'une courte lettre de S. Charles Bon ornée, et avoir donné le commencement du texte en italien, ajoute: « Voir le texte de cette lettre dans l*api pendice, n" XV. »
Nous avouons avoir cherché inutilement l'édition du texte de cette lettre dans toutes les bibliothèques de Paris. Elle se trouve probablement dans l'édition : Caroli Borromœi litterœ lingua italka collectœ, a Carolo Bescape, Antuerpiœ, 1G23, iu-12, que nous n'avons pu trouver.